« Gnambros » : il faut sonner le glas

1 200 milliards de francs CFA : c’est ce que les ménages ivoiriens dépensent chaque année pour se déplacer d’un point à l’autre. Le dernier rapport de la Banque mondiale sur le transport en Côte d’Ivoire est encore dans toutes les têtes. Et on ne peut s’empêcher de se demander  à quoi donc sert toute cette manne pour que le contraste entre la richesse de ce secteur-clé du pays et son manque d’organisation notoire soit aussi choquant ; pour que des individus sans foi ni loi y règnent en maîtres depuis des lustres, au mépris de l’autorité ? Syndicats ou « gnambros », peu importe la qualification, ce sont plutôt leurs actes qui interpellent aujourd’hui. Passons outre le fait qu’ils se soient accaparés la plupart des gares de wôrô-wôrô et gbaka (véhicules de transport public) pour exiger des frais de chargement obligatoires aux conducteurs. Mettons de côté le manque de légalité de la chose et soyons même un peu indulgents avec la répression qu’ils font subir à ceux qui osent s’opposer à cette néo-mafia à visage découvert. Ce qui empêche en revanche les Ivoiriens de dormir, ce qu’ils ne sauraient relativiser, c’est ce contexte de bagarres à la machette et de meurtres. Leur dernier fait d’armes est d’autant plus alarmant qu’il s’est traduit par la mort d’un gendarme, fin août dernier, à Yopougon-lavage. Dans sa noble  intention de mettre fin à une énième rixe à l’arme blanche, le pauvre sous-officier y a laissé la vie. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? On est tenté de le croire avec l’interdiction d’exercer proclamée il y a quelques jours par les autorités à l’endroit de ces forbans et racketteurs affûtés. Du moins à Yopougon, Koumassi et maintenant à Cocody. À quand la généralisation de cette décision ? Et pourquoi n’en fait-on pas une mission à confier aux Ninjas de notre police nationale ? Que risque-t-on en réalité à vouloir assainir un secteur qui rivalise en termes de gains avec la Douane mais est parasité jusqu’à la moelle ? L’envie n’a jamais été aussi présente, il manque juste les moyens. Il est temps de sonner le glas des « gnambros ».

Raphaël TANOH

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