Un e-transport qui cherche ses marques

Les tentatives pour offrir aux Abidjanais un service de transports plus sécurisé se multiplient mais ne connaissent pas toutes des lendemains radieux. Visant la classe moyenne, elles se heurtent à des réalités parfois imprévues.

À la mi 2016, Africab faisait une entrée fracassante dans le secteur du transport abidjanais et titillait les taxi-compteurs. Ces derniers dénonçaient une concurrence illégale. Mais un autre opérateur, Drive, entrait en jeu et les taxi-compteurs furent obligés de s’adapter ou de mourir. L’innovation était de taille. Il s’agissait de passer une commande via l’application de l’une de ces entreprises et de recevoir diverses informations (nom du chauffeur, contact, type de véhicule et numéro d'immatriculation, prix de la course) par SMS. Moins de quatre ans après leur lancement, ce fut la fermeture, mais ils furent aussitôt remplacés par une autre société, Yango, qui tente de survivre.

Chutes en série Africab, qui possédait une soixantaine de véhicules, avait fini par racheter son concurrent Drive, positionné sur la clientèle haut de gamme. Malgré ses nombreux conseillers, dont Ange Kacou Diagou, Directeur général de NSIA Technologies pour les systèmes d’information, et Laureen Kouassi-Olsson, responsable financière pour l’Afrique de l’Ouest du capital - investisseur Amethis, Africab est resté sur la corde raide avant de raccrocher les clés de ses véhicules. « Africab visait les clients de la classe moyenne et une clientèle haut de gamme. Problème, la plupart de ces personnes ont au moins un véhicule. Il fallait donc se tourner vers les visiteurs étrangers dans les hôtels. Là encore, la politique commerciale n’a pas véritablement suivi et les dirigeants ont manqué de patience », explique un ancien employé.

Corde raide Lancé en octobre 2018 en Côte d'Ivoire, Yandex, qui opère sous la marque Yango, a marché dans les pas des défunts Africab et Drive. Avec une application téléchargeable sur Google Play et Apple Store, il n’est pas très différent des deux premiers. Là encore, selon les statistiques de la boite, les destinations empruntées par les utilisateurs sont les résidences, les établissements d’enseignement, les cliniques et les hôpitaux. Ouvert et accessible à public très large au début, le produit a changé pour s’adresser à une clientèle plus select (classe moyenne et haut de gamme). Mais, côté rentabilité, Yango n’arrive toujours pas à décoller et est sur une corde raide. Même en s’appuyant sur des voitures de luxe, l’entreprise ne parvient pas à capter une vaste clientèle, encore abonnée au taxi-compteur. « Il suffit de sortir chez soi pour tomber sur des dizaines de taxi-compteurs et commander un taxi via une application n’est pas dans nos mœurs », explique un client abidjanais, pour lequel Yango devra patienter encore avant d’espérer un retour sur investissement.

Ouakaltio OUATTARA

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