Chine - Afrique : Pas toujours « Win - Win »

La Chine s’appuie sur l’Afrique pour construire une muraille face aux pays occidentaux.

Certes, la Chine n’est pas une nouvelle venue sur le continent africain, mais l’ampleur et la nature des rapports sino-africains ont diamétralement changé depuis la fin des années 1990. Une expansion destinée à servir ses propres besoins économiques et sa montée sur la scène mondiale.

L’Europe, officiellement, se déploie en Afrique sous le manteau du développement, de la démocratie et de l’atteinte des objectifs du développement durable. Une sorte de mission d’assistance paternelle envers l’Afrique depuis la décolonisation.  Continent du futur, l’Afrique a également attiré les Chinois qui, sous le manteau d’un partenariat « gagnant - gagnant », se déploient aux quatre coins du continent.

Coopération sud-sud Derrière le voile de discours légitimateurs différents et souvent opposés, les acteurs chinois comme européens sont globalement mus par des intérêts économiques semblables, qui se résument à l’accès aux ressources naturelles africaines et aux marchés, avec une même logique géopolitique, celle de conserver ou d’augmenter leur influence dans la région. L’ampleur et la nature des rapports sino-africains ont diamétralement changé depuis la fin des années 1990, favorisées par la mise en place à Pékin d’une nouvelle politique africaine, destinée à servir à la fois ses propres besoins économiques croissants et sa montée en puissance sur la scène mondiale. Cet essor des échanges et des projets de coopération a directement resserré les liens diplomatiques, voire stratégiques, entre Pékin et la plupart des capitales africaines. Aujourd’hui, restant à l’écart des problèmes politiques intérieurs que ces États connaissent (contrairement aux pays d’Europe), la Chine est de plus en plus favorablement accueillie comme une alternative aux diplomaties sourcilleuses et autres programmes d’aide contraignants des pays occidentaux, d’autant plus que la plupart de ces derniers offrent moins que par le passé. Mais que ce soit avec les pays d’Europe ou la Chine, l’Afrique n’est pas toujours « la gagnante » dans ses relations.  Tous tirent profit des besoins criards de l’Afrique en infrastructures (routes, chemins de fer, barrages, installations portuaires, etc.) pour renforcer et internationaliser leurs firmes. Aujourd’hui, selon des chiffres officiels de l’Union Africaine (UA) se sont plus de dix mille entreprises chinoises qui opèrent sur le continent et 90% d’entre elles sont privées, avec une main d’œuvre à majorité chinoise. Leurs revenus générés en Afrique pourraient croître de 144% et atteindre 440 milliards de dollars d’ici à 2025. L’Afrique se présente ainsi comme le continent le plus dépendant de la Chine. La forte volatilité des cours des matières premières et la baisse de près de moitié en quelques mois des exportations vers la Chine fragilise donc considérablement les économies africaines.

Ouakaltio OUATTARA

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