Zouglou, reggae : Quel leadership ?

Le groupe Magic Système a propulsé le zouglou hors des frontières ivoiriennes.

À l’instar du coupé décalé, le zouglou et le reggae regorgent d’artistes de talent en Côte d’Ivoire. Et tout comme le coupé décalé, ces genres musicaux sont aussi confrontés à un véritable problème de leadership.

Tous se souviennent enclore du « clash » à distance entre la méga star du reggae Alpha Blondy et son alter ego Tiken Jah Fakoly sur la question du troisième mandat en Côte d’Ivoire. Si pour certains il s’agissait d’une simple sortie entre deux stars du reggae, les plus avisés y ont vu le prolongement de la rivalité qui oppose les deux hommes. Et ce n’est ni le premier ni le dernier « clash » du genre.

Difficiles passations Jagger a longtemps dominé le monde du reggae et la passation de flambeau, pour beaucoup, n’a jamais été un problème. Le fils de Fakoly Koumba, révélé dans les années 98, Prix RFI découverte en 2000 et disque d’or avec son album Françafrique en 2002, est aujourd’hui une star planétaire bien confirmée, au même titre qu’Alpha Blondy. Des précurseurs comme Serge Kassy, Hamed Farras ou Ismaël Isaac ont encore de la ressource. Ce qui fait du reggae ivoirien une musique très bien vendue aux plans national et international. Et, pour Tiken Jah, cela place la Côte d’Ivoire comme le deuxième pays du reggae au monde, après la Jamaïque. La relève ici n’a donc jamais été un problème. Mais si le reggae se vend bien à l’extérieur, le zouglou, lui, cherche encore ses repères. Après son éclosion dans les années 1990, avec notamment Didier Bilé et son album Gboklo Koffi, il connait une autre dimension dans les années 2000 grâce à l’album « premier Gaou » de Magic System. Avant d’entrer dans une période de sclérose vers 2002, après la crise politico-militaire. Ce qui entrainera sa relégation au second plan pendant plusieurs années, coiffé sur le poteau par le très sulfureux coupé décalé. Il va falloir du temps pour que la musique de Poignon revienne sur scène, avec des groupes comme les Leaders, Yabongo, Espoir 2000, Zouglou Makers, Yodé et Siro, etc, réunis par des thématiques propres aux réalités du pays. La musique née dans les ruelles du campus universitaire n’a pas encore réussi ce que le reggae a fait : se vendre sur la scène internationale. Hormis le groupe Magic System, qui se détache du lot, les autres stagnent. Très en vogue sur le plan national, des groupes tels qu’Espoir 2000 ou Yodé et Siro doivent pagayer dur pour faire de l’audimat à l’extérieur. Ce qui donne un paysage du zouglou plus riche mais très hétéroclite, sans véritable capitaine à bord.

Raphaël TANOH

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