Élection à la FIF : Un match serré

Si sa date n’est pas encore connue, l’élection du Président de la Fédération ivoirienne de football (FIF) suscite déjà de grandes passions. Trois candidats, ET non des moindres, sont en lice pour succéder à Sidy Diallo. Il s’agit de Sory Diabaté, Idriss Diallo et l’ex capitaine des Éléphants de Côte d’Ivoire, Didier Drogba. Si Les trois hommes ont beaucoup apporté au football ivoirien, ils devront néanmoins présenter un programme de campagne novateur pour convaincre. Lequel des trois a le profil parfait pour prendre les rênes de la Maison de verre ? La bataille s’annonce épique et il va falloir certainement jouer les prolongations pour obtenir la majorité des 81 électeurs.

Jamais une élection à la Fédération ivoirienne de football (FIF) n’avait suscité autant d’engouement et d’intérêt de la part des Ivoiriens. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont décidé de donner leur avis sur cette élection, qui mettra en jeu l’avenir du football ivoirien, et chacun y va de son commentaire et de ses arguments. Didier Drogba, Sory Diabaté et Idriss Diallo, comme le dit l’ex Président de la FIF, Jacques Anoma, « sont des candidats de grande qualité qui, à divers niveaux, ont beaucoup apporté à notre football et à son rayonnement ».

Sory Diabaté, la continuité Actuel premier Vice-président de la FIF et Président de la Ligue professionnelle de football (LPF) sous la présidence de Sidy Diallo, Sory Diabaté est candidat au poste de Président de la FIF, une maison qu’il connaît bien pour y avoir longtemps séjourné. S’il a collaboré avec l’ex Président Jacques Anoma durant sa présidence, en 2011, il rejoindra Sidy Diallo ensuite. En vrai connaisseur des réalités du football local, l’actuel Président de la LPF a annoncé sa candidature le 1er mars dernier. Avec un programme de campagne bien ficelé, Sory Diabaté entend revoir à la hausse la subvention destinée aux équipes de Ligue 1 de 75 à 100 millions de francs CFA. Concernant la Ligue 2, elle devrait passer de 25 à 50 millions de francs CFA et celle de la 3ème division de 15 à 30 millions de francs CFA. Le premier Vice-président de la FIF ne compte pas laisser pour compte le football féminin, qui pourra empocher 5 millions de francs CFA au lieu de 2,5. Il prévoit la également la construction de terrains d’entraînement pour les clubs sur le site annexe d’Ebimpé, soit 10 aires de jeux sur 10 hectares, de nouveaux terrains synthétiques et la pose d’une pelouse synthétique par an sur les stades de compétition à l’intérieur du pays. Un programme de campagne qui a déjà obtenu l’assentiment de plusieurs présidents de clubs et de l’Union des anciens footballeurs de Côte d’Ivoire (UAFCI). « Sory Diabaté nous a proposé un projet très intéressant, voilà pourquoi nous sommes avec lui. Il a une bonne maîtrise du sujet, contrairement à d’autres », estime Didier Zokora dit Maestro, membre de l’UAFCI.

Didier Drogba, le novateur Icône du football africain de par les actions menées en équipe nationale et dans le football européen, Didier Drogba a été l’un des artisans de la génération dorée qu’ont connue les Éléphants de Côte d’Ivoire. Après la fin de sa carrière internationale, en 2014, il s’est donné pour but, à 41 ans, de conquérir la présidence de la Fédération ivoirienne de football. En novembre dernier, il a décidé d’annoncer officiellement sa candidature. « Je suis ici pour enclencher un changement, non pour m’enrichir à la Fédération, car j’ai décidé de m’investir dans le football local, dans un pays que j’aime », a-t-il déclaré. Son projet, dénommé « Renaissance du football ivoirien », est axé sur cinq thèmes principaux : le cadre légal et réglementaire de la pratique, les acteurs du football, les infrastructures, l’économie de l’industrie et le développement de la médecine du football. Il comprend donc la construction d’infrastructures de proximité, la formation des cadres, un meilleur traitement pour les joueurs, l’augmentation des subventions, l’arrivée de nouveaux sponsors, etc. Un programme de campagne présenté aux présidents de clubs de football des différentes divisions, qui a eu des retours encourageants. « Avec beaucoup de maturité et d’humilité, il nous a présenté son projet, qui est alléchant et prometteur. Je pense qu’il serait intéressant pour nous d’avoir ce jeune leader comme Président de la Fédération. Il nous a vraiment surpris par sa maturité au niveau de la gestion du football », estime le Président du club Séraphins FC de D3, Albert Anzoua Kacou. Pour Didier Drogba, le football ivoirien a un potentiel qu’il faut exploiter pour briller sur le continent et revenir encore plus grand et plus fort dans le concert des Nations. Mais, pour certains acteurs, sa méconnaissance du football local et de ses réalités pourrait constituer un frein pour lui.

Idriss Diallo, l’inattendu  Peu connu du public ivoirien mais très actif dans le milieu du football, Idriss Yacine Diallo est le troisième candidat déclaré au poste de Président de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Pour ce titulaire d’une maîtrise en mathématiques appliqués, option recherches opérationnelles, le football a toujours été au centre de ses intérêts. En 1990, il fait son entrée à la FIF en qualité de Vice-président, sous le mandat du Président Emmanuel Ezan. Il sera par la suite coopté par l’ASEC Mimosas comme Vice-président. Plus tard, en 2002, sous la présidence de Jacques Anoma, il est nommé troisième Vice-président de la Maison de verre, chargé de la commission Marketing et promotion. À ce poste, Idriss Diallo est à la base de la création de la génération dorée, en 2005. En plus de cela, il est un acteur de la superbe campagne des Éléphants qui les a conduits en finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) en 2006 en Egypte. Puis de celle des campagnes pour la première participation au Mondial, en 2006 en Allemagne, puis à celui de l’Afrique du Sud en 2010. « C’est Idriss Diallo qui a réussi à structurer, organiser et moderniser la FIF. C’est encore lui qui a permis à de grandes entreprises comme Orange, Petroci, Lonaci et d’autres d’être des sponsors du football ivoirien », confie un président de club sous couvert de l’anonymat. Si son programme de campagne n’a pas encore été dévoilé, Idriss Diallo entend apporter lui aussi son expertise et son savoir-faire pour développer davantage le football ivoirien et continuer de l’inscrire dans le concert des Nations.

Faiblesses Mais chacun des trois candidats déclarés connait des faiblesses. Sory Diabaté a déjà eu des démêlés avec des clubs ivoiriens et, dans ce milieu, cet homme fort de l’administration Sidy Diallo n’a pas forcément bonne presse auprès des acteurs du football. Didier Drogba n’a pas pu obtenir le « oui » de ses anciens coéquipiers et cela pourrait peser dans la balance contre lui. Pour rappel, certains anciens joueurs sont des coachs de clubs de football. « Concernant Didier Drogba, je suis plutôt sceptique. Pour être président, il faut être sur le terrain. Il a fait une grande carrière, on ne peut pas le nier. Mais, pour l’instant, il ne s’est pas impliqué dans le football national. Il n’a encore rien fait jusqu’à présent », soutient son ex-coéquipier en équipe nationale Né Marco. Quant à Idriss Diallo, qui pourrait jouer les trouble-fêtes à cette élection, il a toujours évolué sous la coupe des présidents qui se sont succédé et avait presque tourné « la page football de sa carrière ». Ce come-back à quelques mois de l’élection ne lui donne pas le temps de convaincre le plus grand nombre de dirigeants de ce sport. Celui qui apparait comme un outsider dans cette élection, même s’il connait bien la maison, a encore du pain sur la planche.

Anthony NIAMKE

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