Les villes ex CNO tentent de renaitre

Elles ont connu les mêmes affres que la ville de Bouaké durant la décennie de crise. La guerre terminée, les villes de Korhogo, de Man et d’Odienné tentent de sortir du gouffre. Moins militarisées que Bouaké, elles semblent plus pressées et mieux en position de tourner les pages sombres.

Elles faisaient partie de ce que l’on a appelé la zone Centre nord et Ouest (CNO) au plus profond de la crise, mais celle-ci terminée, ces villes, contrairement à Bouaké, ont passé l’éponge et travaillent de plus en plus à oublier ce passé douloureux. Si elles ne sont pas logées à la même enseigne en termes d’investissements et sont moins militarisées que Bouaké, elles connaissent très peu de bruits de bottes et sont vraiment tournées vers leur développement économique.

Amorcer le développement Les militaires en fonction dans ces villes avaient pour certains rejoint leurs frères d’armes lors des contestations, mais en faisant moins de bruit et en limitant leurs actions autour des corridors. Moins en proie aux humeurs des soldats, ces villes refont peu à peu leur retard. « La ville de Korhogo a bénéficié d’assez d’infrastructures, surtout routières, après la crise et les militaires s’invitent très peu dans les affaires des civils », tente d’expliquer Siaka Meité, un enseignant de la ville, avant d’indiquer que, même au plus profond de la crise, Bouaké « s’est toujours illustrée de mauvaise manière, car toutes les crises au sein de la rébellion y prenaient naissance et se réglaient avec des armes », se souvient-il, faisant allusion aux guéguerres entre chefs de guerre en 2004 ou encore à l’attaque de l’avion de Guillaume Soro, alors ex Secrétaire général des Forces nouvelles et Premier ministre, en mars 2007. Un peu plus excentrées, les villes de Man et d’Odienné, sortent également de plus en plus de leur léthargie. A Man, par exemple, l’activité touristique, l’une des principales de la ville, a repris de plus belle. De quoi satisfaire le maire André Tia, qui voit de moins en moins de militaires dans les rues de sa commune. Les soldats se font ainsi discrets dans ces villes pour laisser la place à la police et à la gendarmerie et l’atmosphère entre éléments des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) y est plus détendue. Au-delà de ces trois grandes villes de l’ex zone CNO, le climat est plus convivial et plus propice aux affaires.  Mais, relève un opérateur économique de Man, cette ville proche de la frontière guinéenne a vite tourné la page car les activités économiques n’ont « en réalité jamais été suspendues. Le commerce y était même très prospère au plus profond de la crise ».

Ouakaltio OUATTARA

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Par Ouakaltio OUATTARA

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