Libye : L’étau se resserre un peu plus

Le Secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a redit le mardi 23 juin son opposition à toute intervention militaire étrangère en Libye, alors que l’Égypte menace d’y envoyer son armée.

Lors d'un sommet extraordinaire par visioconférence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue, convoqué par l'Égypte, Aboul Gheit a souligné qu'aucune option militaire ne saurait ramener la paix et la stabilité dans ce pays en guerre ou apporter la victoire à aucun des camps. À ses yeux, elle en brisera même l'unité. Le principal objectif de ce sommet était de trouver les moyens de « faire cesser les combats, réduire l'escalade militaire sur le terrain, parvenir à une trêve immédiate sur toutes les lignes de front, particulièrement autour de Syrte ». Le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait déclaré le 20 juin que son pays avait « le droit légitime d'intervenir dans le pays voisin pour y restaurer la sécurité et la stabilité ». Réagissant au discours du Président Al Sissi, le gouvernement d’union nationale de la Libye (GNA) a dénoncé toute intervention directe de l’Égypte. « Nous rejetons fermement les propos du président égyptien, que nous considérons comme (…) une ingérence dans les affaires internes et une menace grave pour la sécurité nationale de la Libye », a déclaré Mohamad Amari Zayed, membre du Conseil présidentiel du GNA.

Internationalisation du conflit

Dans sa volonté d’intervenir en Libye, le président égyptien peut compter sur le soutien de certains pays du Golfe. Quelques heures après son annonce, les Émirats arabes unis ont affirmé être « aux côtés de l’Égypte pour toutes les mesures qu’elle prend pour assurer la sécurité et la stabilité» face au conflit en Libye. Dans la foulée, le ministère saoudien des Affaires étrangères a lui aussi manifesté son « soutien à l’Égypte quant à son droit à défendre ses frontières et son peuple contre l’extrémisme, les milices terroristes et leurs soutiens dans la région ». Lors d'une conversation téléphonique, le 22 juin, le Président américain Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron sont convenus de la nécessité urgente d'instaurer un cessez-le-feu en Libye, ainsi que de reprendre rapidement les négociations entre les parties libyennes, a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué. Mais, auparavant, la Turquie, qui combat aux côtés du GNA, avait affirmé que l’instauration d’un cessez-le-feu durable en Libye passerait par le retrait des forces de Khalifa Haftar de la ville stratégique de Syrte.

Boubacar Sidiki Haidara

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