Nigéria : Le bruit et la fureur

Depuis le début du mois, un mouvement de contestation est né sur les réseaux sociaux au Nigéria, pour dénoncer les violences policières. Il s’est peu à peu étendu à des revendications contre le pouvoir central et la mauvaise gouvernance.

En dépit de l’annonce par le gouvernement de la dissolution de l’Escouade spéciale de lutte contre le vol (Sars), la colère ne faiblit pas. Tous les officiers de cette brigade spéciale, largement accusés par les Nigérians d'arrestations illégales, de tortures et de meurtres, doivent être redéployés, selon la présidence, et un nouvel arrangement pour remplacer l'équipe est en cours d'élaboration. Les manifestations contre la brigade ont été déclenchées par la vidéo d'un homme qui aurait été tué par la police. De nombreux Nigérians, y compris des célébrités telles Davido ou Wizkid, ont manifesté pour la fin des violences policières. Mardi 20 octobre, le gouverneur de Lagos a imposé un couvre-feu de 24 heures pour tenter de contenir le mécontentement populaire. « Les manifestations pacifiques ont dégénéré en un monstre qui menace le bien-être de notre société […]. J’impose un couvre-feu de 24 heures dans tout l’État », a déclaré Babajide Sanwa-Olu. La capitale économique Lagos, selon des reporters de l’AFP, peuplée de 20 millions d’habitants, était totalement paralysée depuis le matin, ses principales routes bloquées et les écoles avaient été fermées par les autorités la veille. Des échauffourées ont également éclaté dans la capitale fédérale, Abuja, où la police a été déployée. Des violences qui, depuis le début de la contestation, ont fait au moins 18 dècès, dont 2 policiers, selon un décompte de l’AFP établi à partir de chiffres d’Amnesty international et de la police.

Gouvernance décriée

Une partie des manifestants s’en est prise au Président Buhari et à la gouvernance dans le pays. Le célèbre chanteur Davido, très présent depuis le début, s’est indigné de son silence. Les Nigérians fustigent la politique de leurs gouvernants, qui peinent à assurer la sécurité dans le pays et à lutter contre Boko Haram, notamment. Sur le plan économique, l’inflation chez le géant de l’Afrique a atteint son plus haut niveau depuis 2018. Le Bureau national des statistiques (NBS) a annoncé un taux de 13,71% pour septembre 2020. Selon un manifestant cité par RFI, le prix du carburant a augmenté et le sac de riz de 50 kg s’achète maintenant l’équivalent de 50 euros (32 500 FCFA).

Boubacar Sidiki Haidara

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