Israël-Palestine : La crainte de la « guerre des religions »

Beaucoup de musulmans dans la ville sainte, considèrent la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem comme un véritable symbole religieux, mais aussi identitaire.

Cette fois-ci, c’est Jérusalem qui est l’épicentre des heurts entre Israéliens et Palestiniens. Un regain de tension que beaucoup craignent de voir dégénérer en une nouvelle Intifada, « religieuse » cette fois-ci.

Depuis l’attaque par armes à feu du 14 juillet, perpétrée par des Arabes israéliens, et l’installation par les autorités israéliennes, deux jours plus tard, de portiques de sécurité sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, la violence a pris ses quartiers dans la vieille ville. Pour protester contre cette décision, les Palestiniens décident de boycotter le site et de prier en dehors de la zone : déploiement de forces de l’ordre, confrontations… Les heurts quotidiens, pendant une dizaine de jours, ont provoqué la mort  d’une dizaine de personnes à Jérusalem et en Cisjordanie occupée, mais aussi en Jordanie.

Le « Haram al-Sharif », considéré comme le troisième lieu saint de l’Islam, mais également lieu saint pour les Juifs, est un rectangle de terre d’à peine 500 mètres sur 300. Alors que la tension est retombée, après la décision d’Israël de faire démonter les portiques et une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation, les regards se tournent désormais vers les Palestiniens. Ces derniers ont en effet annoncé le 25 juillet le gel de la coopération avec l’Etat hébreu, dernier palier depuis l’arrêt des négociations entre les deux parties, il y a plusieurs mois. L’Esplanade des mosquées est au cœur du conflit israélo-palestinien depuis cinq décennies et le début de l’occupation israélienne de Jérusalem-Est. Le site est placé sous administration des Jordaniens, qui le régissent avec des règles strictes, pour éviter toute friction entre les deux communautés.

C’est ce statut particulier que le Coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a appelé le 25 juillet à respecter, « pour éviter que le conflit israélo-palestinien ne tourne à la guerre de religions. Le chef de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, avait en effet accusé le dimanche 23 juillet, Israël de « jouer avec le feu » en imposant de nouvelles mesures de sécurité sur l'esplanade, et le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, les a qualifiées d'insulte au monde musulman.

« Les violences peuvent continuer, mais on ne sait pas dans quelle proportion», estime Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques et spécialiste de la question palestinienne. Le coordinateur spécial a fait part de sa préoccupation face à ces déclarations et a également appelé « certaines factions » au sein des deux parties, qui continuent de « verser de l’huile sur le feu », à mettre fin à ces provocations.

 

Célia d’Almeida

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