Yémen : La bataille d’Hodeida, un tournant décisif ?

La reconquête de la ville Hodeida est un enjeu pour les forces pro-gouvernementales.

A la faveur d’une offensive lancée le 13 juin, les forces progouvernementales yéménites, soutenues par une coalition emmenée par l’Arabie saoudite, qui les appuie depuis 2015, tentent de déloger les rebelles d’Hodeida, ville aux mains des insurgés depuis 2014.

Au huitième jour de l’assaut terrestre et aérien de la coalition arabe et des forces pro-gouvernementales, Hodeida était cependant toujours contrôlée par les rebelles Houthis. Après plusieurs jours de combats sporadiques, les affrontements ont gagné en intensité mardi, quand les forces progouvernementales ont lancé l’assaut sur l’aéroport. Depuis, ils ont rapidement progressé le long de la côte, même si les rebelles opposent une farouche résistance. L’opération armée s’est accompagnée d’intenses raids aériens de la coalition. Des témoignages font mention de combats d’une violence inouïe. Ville stratégique, Hodeida est le point d'entrée d'une grande partie des importations et de l'aide humanitaire, offrant aux Houthis de substantielles rentrées d'argent. Mais c'est aussi de là que, selon les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, les miliciens pro-iraniens récupèrent des armes, dont des missiles, tirés ensuite contre Riyad.

Impossible conciliation

L’ONU, qui estime que la guerre au Yémen a provoqué la « pire crise humanitaire au monde », tente des voies de sortie de crise pacifique. Un de ses émissaires, Martin Griffiths, s’est rendu dans la capitale, Sanaa, au tout début de l’offensive. Se heurtant visiblement à l’intransigeance des belligérants, il a quitté le pays sans faire de déclaration. Le Premier ministre de l’administration rebelle, Abdel Aziz ben Habtour, avait insisté dimanche devant M. Griffiths sur le fait qu’il n’était pas question d’accepter une trêve dans les conditions actuelles. « La paix voulue par le peuple ne se fera pas sur le dos des martyrs. Nous répondrons par l’escalade à toute escalade à Hodeida ou ailleurs », a-t-il prévenu. Les Émirats arabes unis, autre membre important de la coalition, ont exigé lundi un retrait « sans condition » des insurgés de Hodeida pour mettre un terme à l’offensive contre la ville. « La coalition a maintenu ouverte la route reliant Hodeida à Sanaa afin de permettre aux  Houthis de se retirer », a précisé le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash. Mais les plans rebelles semblent tout autres.

Dans ce conflit, qui a fait près de 10 000 morts en plus de trois ans, la bataille de Hodeida est la plus importante depuis une offensive, en 2015, qui avait permis aux forces progouvernementales de reprendre aux rebelles plusieurs régions du sud, dont Aden, deuxième ville du pays, où siège aujourd’hui le gouvernement.

Boubacar Sidiki Haidara

 
 

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