Adama Diawara : Politico - technocrate ?

Dans certains cercles du RHDP, sa nomination au poste de ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique en a surpris plus d’un. S’il est vrai qu’il est un militant de longue date, il est resté longtemps à la marge.

Nommé ministre de l’Enseignement supérieur de la Côte d’Ivoire le mardi 13 mai 2020, en remplacement d’Albert Toikeusse Mabri, le Pr. Adama Diawara (60 ans) a un parcours plus académique que politique. Professeur de rang A depuis 2015 au Laboratoire de physique de l’atmosphère et de mécanique des fluides à l’UFR SSMT de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, il était jusqu’à sa nomination conseiller à la Présidence de la République, chargé de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, directeur de la station géophysique de Lamto et président du Réseau ivoirien de suivi et d’évaluation (RISE). Des postes que cumulait ce connaisseur du secteur de la recherche scientifique. Côté politique, par contre, l’on retient qu’il a été secrétaire national du RDR, chargé de l’éducation et de la recherche scientifique, puis président délégué de l’Union des enseignants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Discret En 1994, alors qu’il devient Maître - assistant à l’Université de Cocody, il milite discrètement au RDR et coordonne les activités de ce parti au sein du groupe des « intellectuels ». Ses contributions et apports décisifs finissent par convaincre ses pairs, qui, en 2005, font de lui le président de la Cellule politique de la section des Universitaires du RDR (chargée d’adresser des études prospectives au Président du parti). Il en profite pour mettre sa plume à la disposition de certaines rédactions de médias proches entre 2000 et 2010 (L’Expression, Le Patriote, Nord-Sud). Quand vient l’élection présidentielle de 2010, il est chargé de la mobilisation des étudiants RDR lors de la campagne. Quelque peu dans l’anonymat, il lorgne, selon certains de ses proches, un portefeuille ministériel de longue date. « Avec les différents gouvernements où il fallait récompenser alliés et partenaires politiques, il était quasiment impossible de lui faire appel. Les responsabilités politiques ayant pris le pas sur les technocratiques », confie l’un de ses compagnons de longue date. Auteur de plusieurs publications et communications scientifiques, notamment sur la modélisation, le changement climatique, l’agro météorologie, les séismes, etc., il a su départager fonctions administratives et politiques et a surtout « marqué l’œil » du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly par sa bonne maitrise du milieu de l’enseignent supérieur. Théoricien et praticien à la fois, reste à savoir s’il pourra tirer son épingle du jeu à la tête de ce département ministériel, traversé couramment par des grèves d’enseignants et d’étudiants.

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