Adjamé : Pourquoi le déguerpissement tarde

Par contraste avec ce qui se passe dans de nombreuses communes d’Abidjan, Adjamé n’a toujours pas trouvé de solution au désordre qui la frappe depuis des décennies.

Cela fait maintenant plusieurs mois que le refrain est répété. Partout à Abidjan, les maires sont à l’œuvre pour assainir leurs communes. Tous les regards sont tournés vers le nouveau maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, également Président de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (FENACI). Aujourd’hui au pied du mur, au même titre que ses prédécesseurs, il reste toutefois en marge de la grande opération de propreté qui illumine Abidjan. Le boulevard Nangui Abrogoua, à lui seul, symbolise le désordre urbain notoire qui absorbe l’image d’Adjamé, telle une sangsue.

Rocher de Sisyphe Déguerpi à maintes reprises et recolonisé autant de fois, ce tronçon d’à peine un kilomètre a vu les ministres et les maires se casser les dents les uns après les autres en tentant de le nettoyer. À Liberté ou à Renault, tous les efforts précédents ont été réduits à néant par le retour des commerçants. Selon le maire de la commune, joint au téléphone, la tâche est toujours aussi ardue qu’avant. Le véritable problème, à l’entendre, n’est pas de chasser les vendeurs, mais de faire le suivi. Dans de nombreuses communes, aux dires de Farikou Soumahoro, une fois dégagées, les zones déguerpies sont valorisées ou occupées à d’autres fins. Ce qui n’est pas le cas pour Adjamé, regrette-t-il. Et cela rend les choses beaucoup plus compliquées. Il faut, ajoute le maire, environ 40 millions de francs CFA par mois pour faire un suivi correct après déguerpissement. Donc 120 millions tous les trois mois. La mairie, selon lui, ne peut supporter un tel coût. Toujours selon le maire, ils sont également en contact avec la Société abidjanaise de transport (Sotra), qui utilise une bonne partie de la voie, afin de trouver des moyens de financement. Aveu d’impuissance ou manque de volonté politique d’un maire qui a passé près de 20 ans de sa carrière à défendre les intérêts des commerçants ? Au-delà de la question budgétaire que ce dernier brandit se cache mal un manque de volonté politique face à ce qui apparait comme « un échec » de toutes les politiques d’assainissement de la ville d’Abidjan. Pour certains commerçants, cette commune doit être déclarée « commune commerciale ». En attendant, il faudra faire avec le désordre à Adjamé.

Raphaël TANOH

 

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