Jeunesse : La FENUJECI en crise aigue

Les conflits de compétence entre le ministère de la jeunesse et celui de l’intérieur plombent l’organisation de la jeunesse.

Les activités de la Fédération Nationale des Unions de Jeunesse Communales de Côte d’Ivoire (FENUJECI) sont au point mort depuis le week end dernier, après un énième report de son 4ème congrès.

La plus grande faitière des associations de jeunesse de Côte d’Ivoire est plongée dans une crise sans précédent, qui dure depuis l’année dernière et met à mal son fonctionnement, retardant ainsi le processus de renouvellement de ses dirigeants. Les reports successifs mettent à rude épreuve la patience des quatre candidats.

Tout semblait pourtant réuni cette fois-ci pour la tenue du 4ème congrès. Les 4 candidats en lice avaient mené une campagne assidue, aussi bien sur les réseaux sociaux qu’auprès des électeurs, et avaient reçu les assurances du Directeur de cabinet du ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’emploi des jeunes et du service civique, Nazéri Coulibaly. Il assurait que « tout avait été mis en œuvre pour que cette élection se tienne enfin dans les meilleures conditions possibles ». Pourtant, à quelques heures de la cérémonie, le ministère de l’Intérieur, invoquant les « troubles à l’ordre public » éventuels que pouvait engendrer la tenue du congrès, l’a fait annuler et reporter sine die.

Blocage Les raisons du blocage trouvent leur origine en partie dans le bicéphalisme qui secoue la FENUJECI depuis  2016, opposant Eric Amiah et Souleymane Sylla, qui se disputent le poste de Président depuis deux ans. Bien que la justice ait tranché en faveur du premier, le second n’en démord pas et les nombreuses tentatives de conciliation du ministre de la Jeunesse, Sidy Touré, n’ont pas permis de faire bouger les lignes. Une situation de laquelle chaque camp joue afin de ne pas céder le fauteuil, malgré la fin des différents mandats.

D’un autre côté, les conflits de compétence entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Jeunesse, de l’emploi et du service civique ne facilitent pas la résolution des différends qui opposent les acteurs de la FENUJECI. Les candidats, quant à eux, y voient plutôt les mains d’hommes politiques qui tentent de contrôler la structure, confie l’un d’entre eux. Créée par arrêté interministériel en 1972, la plus vielle des organisations de jeunesse de Côte d’Ivoire est censé contribuer au rassemblement des jeunes et à leur épanouissement. À la pratique et vu les batailles de leadership entre jeunes, nous sommes bien loin de cet objectif.

Malick SANGARE

À LIRE AUSSI

L’Hebdo - édition du 13/12/2018
Voir tous les Hebdos
Edito
Par Ouakaltio OUATTARA

Pacte mondial sur la migration, et après ?

Le Pacte mondial sur la migration des Nations unies, qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières, a été formellement appro...


Lire la suite
JDF TV L'actualité en vidéo
Recevez toute l’actualité

Inscrivez-vous à la Newsletter du Journal d'Abidjan et recevez gratuitement toute l’actualité