Lacina Zaré, défenseur sur gazon, attaquant sur sable

« Lacina Zaré a une particularité : il joue autant sur le gazon que sur la plage », prévient d’emblée son ami de longue date. Athlétique, ce sportif ivoirien joue au football sur deux surfaces différentes en jouant à deux postes plutôt contrastés : roc défensif avec son club de Mossou FC en L1 et attaquant en sélection nationale de beach-soccer, dont il est le capitaine.

Humble, le professionnel de 27 ans ne laisse pas deviner au premier abord sa carrière sur sable déjà chargée de voyages. Il se souvient bien de Dubaï, où il se rend en 2009, quelques mois seulement après avoir découvert le football sur plage, pour conduire l’équipe nationale ivoirienne à sa première Coupe du monde de beach-soccer. Quatre ans plus tard, on le retrouve sur l’île française de Tahiti, dans l’Océan Pacifique, après trois jours d’avion, pour défendre les couleurs des éléphants à une autre épopée mondiale. Malgré leur sous-effectif, les six athlètes présents pour l’aventure ont pu jouer jusqu’au bout la phase de poules aux deux compétitions, s’inclinant honorablement contre des équipes expérimentées comme l’Espagne, le Japon ou le Paraguay.

« Il y a une grande différence entre football à 11 et beach-soccer », avertit, flegmatique celui qui a grandi à Port-Bouët, dans le Sud d’Abidjan. « Le jeu sur sable est plus physique et on marque beaucoup de buts, vu qu’il n’y a que cinq joueurs dans chaque équipe ». Pour aller au bout des 36 minutes de chaque match, cet admirateur de Kolo Touré ne se ménage pas à l’entraînement. « Si tu n’aimes pas travailler, ne te lance pas », avise-t-il.

Egalement joueur en L1 ivoirienne de beach-soccer, sa situation est délicate : « Mon entraîneur en foot à 11 est parfois embêté quand je dois aussi jouer au beach-soccer, témoigne-t-il, un sourire en coin. Donc je donne toujours la priorité au gazon, le sable reste une passion, sauf quand je suis convoqué pour la sélection ».

Son engagement va au-delà de la défense des couleurs nationales. C’est tout un sport qu’il veut promouvoir. « Le beach-soccer commence à monter. J’ai l’impression qu’il a de plus en plus d’adeptes. Derrière le Nigéria et l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire fait partie des grands d’Afrique, et la jeune génération qui arrive est prometteuse », espère-t-il. De quoi envisager sereinement sa retraite sportive, pour se lancer un jour dans un nouveau métier : mécanicien.

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