Cissé et Gbagbi, les Ivoiriens de l'Olympe

Attendus samedi 27 août, avec toute la délégation des athlètes ivoiriens à Rio, Cheick Sallah Cissé Junior et Ruth Gbagbi rapportent de leur expédition brésilienne deux médailles, dont une en or remportée de haute lutte le 19 août dernier. C’est une nouvelle page pour le Taekwondo ivoirien que ces deux athlètes viennent d’écrire.

Alors que tous avaient les yeux rivés sur l’athlétisme mené par sa star Murielle Ahouré, malheureusement éliminée en demi-finale du 100m et 200m, nombreux sont les Ivoiriens qui étaient loin de s’imaginer que le miracle viendrait du Taekwondo, avec les insaisissables Cheick Cissé Sallah et Ruth Gbagbi. Deux Taekwondo-in qui offrent à la Côte d’Ivoire sa deuxième et troisième médaille des J.O, 32 ans après celle d’argent obtenue par Gabriel Tiacoh en 1984 à Atlanta (USA).

 

Cheick Cissé, un parcours en or Né le 19 septembre 1993 à Bouaké, ce jeune athlète voue, depuis son plus jeune âge une véritable passion pour le kimono. Très tôt, il s’investit corps et âme dans la discipline du Taekwondo, qui lui fera découvrir les quatre coins du monde. En 2013, il devient vice-champion du monde par équipe. Deux ans plus tard, il occupe le même rang aux Jeux mondiaux Universitaires de Taekwondo en Corée du Sud.

Par la suite, suivra toute une série de médailles d’or. D’abord, celle obtenue aux jeux Africains de Brazzaville en 2015, puis celles des championnats d’Afrique de Taekwondo en 2014 à Tunis, et en Egypte en 2016. Sans oublier plusieurs différents grand prix remportés en Russie, Turquie et Angleterre. La qualification de Cheick Cissé Sallah pour les J.O de Rio a été plus que brillante, puisque le triple champion d’Afrique avait obtenu son ticket en se classant 6ème mondial, en décembre 2015, lors de la finale du Grand Prix de Mexico. Toute cette débauche d’énergie lui aura valu, le 6 août 2016, le prix de l’excellence du meilleur sportif de l’année 2015, décerné par le gouvernement ivoirien.

Même s’il a fallu de peu pour qu’il soit disqualifié des Jeux de Rio, pour des gestes qualifiés d’obscène à l’encontre d’une membre du Comité d’organisation des Jeux, le médaillé d’or ivoirien est resté tout de même concentré sur son objectif dans cette compétition planétaire. Cheick Cissé Sallah ne sera pas davantage perturbé par d’autres soucis venus d’Abidjan, à propos des démêlés de son père, qui avait réceptionné pour son compte, le chèque de 10 millions de francs CFA récompensant son prix de l’excellence.

Guidé par le seul l’objectif de Rio, son coach, Attada Tadjou (Ceinture noire, 6ème Dan), mettra l’accent sur la préparation mentale de son poulain. « Je devais vite le faire travailler pour ne pas qu’on le brise mentalement. Nous nous sommes concentrés sur les aspects techniques et la concentration. Nous avons donc travaillé le coup pour assurer un bon parcours », révèle le coach. La suite sera connue le vendredi 19 août, avec l’entrée de  Cheick Cissé Sallah dans l’histoire en tant que premier sportif ivoirien médaillé d’or olympique. Un succès qui est l’aboutissement d’un travail de longue haleine.

 

Ruth Gbagbi, la bronzée Peu de temps avant l’or olympique, Ruth Gbagbi avait décroché le bronze dans la catégorie des moins de 67kg, face à l’Azerbaïdjanaise Farida Azizova. Favorisée par son bon score lors de ses précédents combats, Ruth avait été repêchée après une élimination en quart de finale. Deux jours avant son entrée en lice, elle avait confié aux confrères de la Radiodiffusion télévison ivoirienne (RTI) sa pleine forme et sa détermination à remporter une médaille pour la Côte d’Ivoire. Mission accomplie donc, pour cette athlète de 22 ans, dont les performances sont presque similaires à celles de Cheick Cissé Sallah. Triple championne d’Afrique de Taekwondo en 2012 à Madagascar, en Tunisie en 2014 et 2016 en Égypte, vice-championne du monde par équipe en 2014 au Mexique, médaillée de bronze aux Jeux mondiaux universitaires de Corée du Sud et une médaille d’or remportée en 2015 à Brazzaville aux Jeux africains. Ce à quoi on ajoutera plusieurs autres médailles glanées lors des opens internationaux d’Égypte, de Tunisie et de France.

Avec sa qualification pour ces Jeux de Rio, à la fois remarquable et impressionnante, Ruth Gbagbi était classée parmi les taékwondo-in ivoiriens susceptibles de remporter une médaille olympique. Tout est bien qui finit bien, finalement, cette sportive très technique et futée a inscrit son nom au palmarès du sport ivoirien en tant que seule athlète féminine à remporter une médaille aux Jeux Olympiques.

Pour ces deux Olympiens, le cap est désormais mis sur Tokyo 2020.

Anthony Niamké

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