Dr Silvie Memel-Kassi : ź 2020 a ÚtÚ difficile pour le musÚe ╗

Si un secteur dĺactivitÚ en C˘te dĺIvoire a ÚnormÚment subi les affres de la Covid-19, cĺest incontestablement celui de la culture. Et par ricochet les activitÚs musÚales. Le MusÚe des civilisations de C˘te dĺIvoire a grandement souffert et sa Directrice, Dr Silvie Memel-Kassi, en parle dans cette interview, en gardant lĺespoir dĺune relance des activitÚs en 2021.

L’année 2020 est terminée. Quel bilan tirez-vous des activités du Musée des civilisations de Côte d’Ivoire ?

L’année 2020 a été une année difficile, à cause de la crise sanitaire à coronavirus qui a frappé tous les secteurs sans exception. En particulier le secteur culturel, que je connais bien. Dans le cadre de la Covid-19, depuis le mois de mars dernier le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire a vu ses portes fermer pour cause d’accès interdit au public. Cela a joué énormément, parce qu’en tant que musée africain, le gros challenge que nous avons c’est justement celui de la fréquentation, de la promotion et de la communication autour de l’objet musée. La situation est venue nous enfoncer encore plus dans toutes les difficultés que nous rencontrons pour promouvoir l’institution. En plus de la fermeture, parce que le musée a roulé au ralenti pendant huit mois, cela été très difficile. Dans un musée, il n’y a pas que les professionnels, il y a aussi les journaliers que le musée paye sur ses propres ressources. À ce niveau, n’ayant pas d’activité, il a été très difficile pour ces pères et mères de familles de ne pas recevoir de salaires. Heureusement, nous avons pu faire des mains et des pieds pour arriver à satisfaire les uns et les autres. Nous ne comptions pas baisser les bras, nous avions donc été obligés d’avoir recours à des ressources additionnelles, souvent au niveau personnel.

Le Musée des civilisations est-il toujours fermé ?

Il nous fallait à tout prix rouvrir après avoir avisé le cabinet de Mme la ministre de la Culture et de la francophonie. Depuis le 1er décembre 2020, le musée a rouvert ses portes et à nouveau les services fonctionnent, en tenant compte des mesures barrières. Là nous fonctionnons sur la base d’une permanence, donc d’une alternance au niveau de la présence au service pour les agents. Par contre, la salle d’exposition est entièrement ouverte puisque des équipes s’y relaient.

Pour le moment, nous avons temporairement choisi d’ouvrir le musée sur trois jours, de mardi à vendredi. Du samedi au lundi il reste fermé. Nous comptons revenir au plein régime de fonctionnement en 2021. Nous verrons dans la deuxième quinzaine du mois de janvier si les choses peuvent reprendre normalement, dans le strict respect des consignes sanitaires.

Qu’avez-vous prévu pour la relance des activités en 2021 ?

Le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire menait bien des activités avant la survenue de la Covid-19. Nous avons déjà eu plusieurs réunions avec le personnel pour voir celles que nous allons privilégier. Il y a des écoles qui ont déjà commencé à venir pour des visites. Des activités récréatives pour les enfants seront également mises au programme. Pour ce qui est des expositions temporaires, nous avons également des programmations pour 2021 et les expositions seront disponibles dès début janvier.

Qu’en est-t-il de la restitution des œuvres d’art ivoiriennes pillées par la France. Seront-elles de retour en Côte d’Ivoire en 2021, ou faudra-t-il encore attendre ?

La question de la restitution des objets africains à leurs pays d’origine, qui intéresse également la Côte d’Ivoire, est en voie de résolution. Et même en passe de trouver une réponse de manière concrète avec les autorités compétentes. La Côte d’Ivoire avait émis le vœu de recevoir un certain nombre d’objets, au nombre desquels figurait le tambour parleur du peuple Ébrié, Djidji Ayokwê. Nous avons saisi le ministère français de la Culture, parce que la réunion de la CEDEAO a préconisé qu’il fallait, de manière officielle, passer par la voie diplomatique pour être entendu. Donc, depuis juin 2019, la Côte d’Ivoire a adressé un courrier et nous avons rencontré à cet effet les responsables du musée du Quai-Branly, qui ont montré leur détermination à suivre les instructions des autorités françaises, qui sont d’accord pour la restitution. Nous avons donc eu une séance de travail au niveau technique pour nous accorder de façon technique sur la recevabilité de cet objet, qui devait arriver logiquement en 2020. Mais à cause de la Covid-19 et de l’élection présidentielle, cela a été reporté à 2021. Aujourd’hui, tout est mis en place pour son retour.

Interview réalisée par Anthony NIAMKE

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