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  • Ministre : La fonction leur colle à la peau

    JDA 20/07/2018

    Dans le Ghota politique ivoirien, la seule fonction qu’on connait d’eux est celle de ministre, reléguant dans l’ombre leur formation ou profession initiale. Certains, comme Maurice Bandama, ministre de la Culture et Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, ministres depuis mai 2011, comptent parmi les plus anciens en poste. Mais d’autres « dinosaures », pour avoir été ministres depuis le début de la rébellion, en 2002, leur ont ravi la palme de l’ancienneté dans la sphère gouvernementale.

DÉBAT & OPINIONS

Les Africains et le culte du silence infécond

La construction d’un pays se fait par transmission des savoirs et expériences. C’est cela la culture et la vraie tradition, car une tradition est appelée à être transmise. Et c’est au cours de ce processus de transmission, que les traditions se fécondent pour générer une culture. La bonne tradition doit donc être évolutive en se mouvant autour de l’équation conservation-renouvellement-enrichissement. Au bout du compte, on parvient à constituer un dynamique « Capital mémoire ».

 

Hélas, sur le terrain politique comme dans nombre d’autres domaines d’activités sociales, nos devanciers nous laissent sans héritage mémoriels ! A l’instar de Jean Konan Banny récemment disparu, nos aînés (et presque pères) que constitue sa génération ne nous ont pas finalement laissé grand’chose comme traces écrites de leurs expériences et gestion de la Côte d’Ivoire. Ici, chaque leader* part (et partira sans doute) avec ses souvenirs, ses recettes, les raisons de ses réussites, les causes de ses échecs, ses expériences (**). Nous évoluons ainsi sans repère, sans passerelle, d’une génération à une autre. Et notre défi est de toujours inventer la roue ! Désolant.

 

Ceux de ma génération écriront-ils ? Rien de moins sûr. Nous traînons sur nous cette lacune, comme un atavisme nègre : la phobie de l’écriture, la peur d’avoir une Mémoire, le souci de fermer les portes de notre vie au regard d’autrui. La fascination du secret. Le culte effroyable du silence infécond ! Mais comment peut-on vouloir diriger les autres si les concernés ne savent rien de vous ? Non, il n’est pas normal que nous ne sachions rien de ceux qui nous ont dirigés, ni de ceux qui veulent nous diriger, et si peu de choses de ceux qui nous dirigent en ce moment. Dans le fond, nos échecs et déceptions ne sont-ils pas dus au fait que nous confions toujours des responsabilités d’échelle étatique à des personnes dont nous ne savons pas grand’chose ?

 

L’actualité politique ivoirienne fait ainsi entrevoir des candidats virtuels à la prochaine élection. Ici, on cite, entre autres : Amadou Gon, Kablan Duncan, Tidiane Thiam, Charles Koffi Diby, Jean-Louis Billon, Jeannot Ahoussou Kouadio. C’est parfait. Mais que savons-nous de la vie de ces personnalités — leurs potentiels de rêves et d’audaces oniriques et pragmatiques —, sauf qu’elles ont occupé de hautes fonctions, et qu’elles ont de l’argent, beaucoup d’argent ?  Leurs coffres bancaires sont sans doute pleins. Et ils viendront à l’électorat avec leurs programmes et projets de société sortis des officines des rédacteurs professionnels de ces parchemins trompeurs, pédants et prétentieux. Oui, ces gens-là sont riches. Mais que sait-on de leurs ‘‘coffres intérieurs’’ — cette richesse de l’âme et de l’esprit sans laquelle un dirigeant n’est qu’une machine à aligner des chiffres ? Un chef sans amour pour son peuple, et réciproquement, sans amour du peuple pour lui ?

 

Les Nations modernes et fortes se construisent et se consolident par leur capacité à se constituer un « Capital mémoire » et à s’y référer pour trouver solutions à leurs difficultés. Or nos jeunes pays en manquent terriblement. Conséquences, la place du discours officiel est occupée par des farfelus et des imposteurs prompts à inventer une autre histoire du pays : celle de héros nouveaux surgis de nulle part que de la propagande populiste, mensongère et vaniteuse, comme on en a vu prospérer récemment sous le régime précédent ; et comme on en voit aussi, sous celui-là.

 

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils, ces nouveaux héros de la scène politique ? A part les marches de soutien en faveur de leurs leaders, qu’ont-ils produit tout au long de leur vie ? De quelle qualité est leur univers onirique intérieur ? Quelle est leur capacité à réfléchir, à raisonner, à rêver, à projeter le pays dans la vaste et nécessaire utopie qui fonde l’émergence des grandes Nations ? Qu’ont-ils prouvé pour qu’on les autorise à nous diriger ? Rien, pour la plupart d’entre eux. Rien d’autre que l’attachement indéfectible et débile au grand chef !

 

Hommages donc à vous, héros vrais et vrais combattants historiques et contemporains pour notre dignité et grandeur nationale : Mémel Fôté, Francis Wodié, Doudou Salif, Ngo Blaise, Coffie Gadeau, Koné Amadou, Djéni Kobina, Laurent Gbagbo, Adam Camille, Jules Yao-Yao, Ali Kéita, Angèle Gnonsoa, Simone Gbagbo, Barthélemy Kotchy, Gbaï Tagro, Marcel Amondji, Laurent Akoun, Noël Ebony, Zadi Zaourou,.. Jean Konan Banny !

 

Collègues enseignants, chercheurs, journalistes enquêteurs, écrivains, votre tâche est donc là : allez à la recherche de ces hommes du passé et du présent qui ont confié l’histoire de notre pays à la sagesse ancienne d’un silence qui nous fait plus de mal que de bien à nous autres d’aujourd’hui. Vous connaissez nombre de ces illustres personnalités du pays, en plus de ceux déjà cités : Paul Akoto Yao, Simone Gbagbo, Henriette Diabaté, Arsène Assouan Usher, Kablan Duncan, Laurent Akoun, Georges Ouégnin, Amadou Gon, Gnagbé Kragbé, Gaston Ouassénan, Charles Konan Banny, Laurent Dona-Fologo, Djéni Kobinan, Jeannot Ahoussou Kouadio, Akossi Bendjo sont, entre autres et déjà, des figures de légende.

 

Quelques-uns d’entre eux sont décédés. Leurs vies et leurs combats méritent d’être sus de leurs contemporains. Harcelez-les afin qu’ils parlent, et écrivez leur histoire dans ce qu’elle contient d’instructif. Pour demain. Car il est évident que nous ne pourrons pas construire le futur de ce pays, ni même gérer son présent avec efficacité, sans les fondations du passé — les refondateurs en savent quelque chose : quiconque veut diriger ce pays sans en connaître les vraies fondations et la pensée de ses fondateurs, courent à la catastrophe. 

 

                                                                                                                                         Une contribution de Tirbuce Koffi

 

                                                                                                                                                     tiburce Koffi@yahoo.fr

 

                                                                                                                                      Phone number : + 1 984 297 5901.

 

________

 

Notes.

 

* Marcel Zadi Kessy apparaît ici comme un exemple. Nous devinons que le Pr Zadi son cadet, écrivain de notoriété, y a été pour beaucoup dans la production de cette littérature sur son activité de manager au service de sa société.

 

** Sans le travail gigantesque de Frédéric Grah Mel (qui n’est pas un militant du Pdci-Rda), la vie de Félix Houphouët-Boigny serait encore une énigme même pour les militants de ce parti !

 

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