L'alphabet bété tente de renaître

L’alphabet Bété de Frédéric Bruly Bouabré a manqué de promotion pour devenir une référence.

Élaboré après une révélation, l’alphabet bété, qui n’a pu prospérer du vivant du son concepteur, Frédéric Bruly Bouabré, tente de renaître de ses cendres.

Il y a trois ans jours pour jours, Fréderic Bruly Bouabré emportait avec lui les secrets de l’alphabet bété, né, selon lui, d’une vision mystique qui lui aurait valu une transe. « Depuis que le ciel s’ouvrit à mes yeux et que les sept soleils colorés décrivirent un cercle de beauté autour de leur Mère-Soleil, je suis désormais Cheikh Nadro, celui qui n’oublie pas », racontait le natif de Zéprégühé (Daloa). Fonctionnaire, commis aux écritures pour la ligne ferro- viaire Dakar-Niger, il avait reçu cette vision le 11 mars 1948, ce qui le poussa à démissionner pour se consacrer au décryptage du message reçu. Fréderic Bruly Bouabré parlait alors d’alphabet bété, composé de 448 pictogrammes monosyllabiques. À l’aide d’un stylo et de cartons d’emballage, l’illuminé retranscrit chaque syllabe de son dialecte, pour retranscrire les récits des mythologies cosmiques bété, les contes et événements de la vie quotidienne, ce qui lui vaudra de participer à des expositions dans de nombreux pays.

Héritage à sauver

Gilbert Gneboh Lebatto, neveu de Frédéric Bruly, estime que cet alphabet n’a pas eu le succès escompté, l’inventeur de cette œuvre n’ayant pas eu les moyens d’en faire la promotion, se consacrant plutôt à ses créations graphiques. Résultat, il reste inexploité, au regret de la famille, « car personne aujourd’hui ne peut déchiffrer cet alphabet », malgré la reconnaissance scientifique du travail de Bruly Bouabré par le défunt professeur Niangoran Bouah, de l’Institut d’ethnosociologie de l’Université d’Abidjan. Le démarrage des travaux de construction d’un musée avant sa mort, dans son village natal de Zéprégühé, devait permettre à Bruly Bouabré d’exposer une centaine de ses œuvres, mais le projet est aujourd’hui à l’arrêt. « Il faudrait que toute la famille se réunisse pour décider de ce qu’il faudra faire, afin de terminer le musée et perpétuer ses œuvres », affirme son neveu Gilbert.

Anthony NIAMKÉ

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