Mireille Tchonté fait la promotion de la lecture auprès des enfants

Mireille Tchonté espère avoir les moyens requis pour installer d’autres bibliothèques dans les autres communes du district d’Abidjan et à l’intérieur du pays.

À 24 ans, Mireille Tchonté Silué peut se targuer d’avoir créé le Centre Eulis, pour encourager la lecture chez les enfants. Une initiative née de sa passion, qu’elle nous explique dans cet entretien.

D’où vous est venue cette passion pour les livres ?

Depuis toute petite, j’adore la lecture.J'ai pleuré lorsque ma mère m'a raconté l’œuvre « Les erreurs de Maman » de Josselin Kalla. Ensuite, mon père a commencé à m'offrir de nombreux livres, dont je lui faisais parfois le résumé.

Depuis avril 2017, vous avez ouvert une bibliothèque dans la commune de Yopougon. Est-ce la réalisation d’un rêve ?

Ouvrir une bibliothèque n'était pas mon rêve particulier, qui est d'améliorer le système éducatif en Côte d'Ivoire, en le rendant plus interactif et inclusif. Nous devons avoir des écoles qui encouragent les enfants à travailler pour accomplir leurs rêves, développer leurs talents. La bibliothèque est un moyen de réaliser cela, en permettant aux enfants d'apprendre et d'avoir l’amour d’apprendre.

Votre bibliothèque cible les jeunes des lycées et collèges. Pourquoi eux particulièrement ?

On a coutume de dire que l'avenir appartient à la jeunesse, mais c'est aujourd'hui qu'il faut préparer cette jeunesse. Bon nombre d'adultes ne lisent pas parce qu'ils n'ont pas acquis cette habitude jeunes. Il est beaucoup plus facile d'amener les enfants à la lecture. L'objectif est de faire en sorte de former des générations d'adultes amoureux de la connaissance, de la culture et du savoir.

Quel est le fonds documentaire de cette bibliothèque ?

Nous avons des livres dans de multiples domaines, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, d'auteurs occidentaux et africains. Des romans, des nouvelles, des encyclopédies, des magazines de jeunesse, des bandes dessinées, des œuvres théâtrales, de la poésie et même des ouvrages en anglais. Actuellement, nous avons un peu plus de 1 000 livres.

Comment vous approvisionnez-vous ?

A partir de ma collection personnelle, dans les librairies « par terre », traditionnelles et au Salon International du Livre d'Abidjan (SILA). 90% des livres du Centre nous ont été offerts par des associations, des ONG et des personnes passionnées par la littérature, l'éducation et les enfants.

Est-ce un message aux autorités pour dénoncer le manque de bibliothèques en Côte d’Ivoire ?

Je ne cherche à faire passer de message aux autorités, elles sont conscientes du problème. Le Centre Eulis a été créé parce que j'estimais pouvoir faire quelque chose pour l'éducation des Ivoiriens. Je serai heureuse que cela inspire les autorités, mais aussi les citoyens lambda, à agir avec les moyens dont ils disposent. Le plus important est que la vie de quelques jeunes soit impactée par la bibliothèque pour qu'ils deviennent des citoyens éduqués et responsables.

Propos recueillis par Anthony NIAMKE

 
 

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