Danseurs de coupé décalé : Ombres et lumières

Devenues des icônes de la danse, Zota et “Ordinateur” sont désormais des ambassadeurs du coupé décalé à l’international.

Danseurs aux côtés des artistes, ils sont des acteurs-clés du coupé décalé, à la base parfois du succès de certaines stars de cette musique urbaine. Mais la chance ne semble pas leur sourire à tous.

 

En vogue depuis plus d’une décennie, le coupé décalé, dont raffole la jeunesse ivoirienne, doit sa notoriété à ses artistes qui ne cessent d’offrir à leur public des mélodies rythmées accompagnées de chorégraphies exécutées par des danseurs expérimentés. La réussite des stars de ce mouvement n’est pas pour autant partagée avec leurs danseurs. Certains ont pu surfer sur la vague, mais d’autres, les plus nombreux d’ailleurs, n’ont pas encore goûté à la gloire et au succès.

Fortunes diverses Le public les connait sous les pseudonymes de Magicien, BB sans os, Sandia  houchou, ou encore Ordinateur, Annick Choco et Zota, etc. Ces as de la danse, dont les pseudos en disent long sur les pas dont ils sont les seuls à détenir les secrets, font « bouger » les fans d’ici et d’ailleurs, qui tentent souvent de les imiter. « Grâce à ses qualités de danseuses, Zota a pu mettre sur pied une troupe de danse, « Karimastik Project », qui participe à plusieurs activités culturelles à Abidjan », confie à JDA l’un de ses proches. De son vrai nom Ange Patricia Kanon, Zota, élue meilleur danseuse de l’année 2016, bénéficie du soutien de son mentor, l’artiste Serge Beynaud. Devenue aujourd’hui une référence dans son domaine, elle est sollicitée aux quatre coins du monde. Idem pour Cédric Kevin Bah, alias «  ordinateur »,ex-danseur de DJ Arafat, qui, depuis 2016, vit en France, où il monnaie son talent de spectacle en spectacle. Après un succès moindre, Sandia Ouattara dit « Sandia Chouchou », ancienne danseuse de Serge Beynaud, a opté pour une carrière musicale. Ces succès ne masquent pas les déconvenues de certains, pour qui la gloire tarde à venir. Comme Guillaume Otou, dit « BB sans os», ancien danseur de DJ Arafat, qui, depuis sa séparation d’avec son mentor pour cause de revendications salariales, peine à se replacer dans le milieu et est presque rangé aux oubliettes. Où Magicien, cloué à son domicile par un mal de pieds le maintenant loin des scènes musicales et de ses fans. « Soxy la magie » et « Yvan N’Djéboué », deux danseurs de Debordo Leekunfa, ont péri dans un accident de circulation en 2016. Entre faibles rémunérations et humeurs capricieuses des artistes, la plupart des danseurs croule sous le poids de difficultés financières que cachent mal leurs sourires et habits de scène.

Anthony NIAMKE

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