Wôyô : Les amateurs entre galère et espoir

En vogue, le wôyô made in Côte d’Ivoire s’exporte dans les campus universitaires du Burkina Faso.

Ils sont visibles dans tous les espaces de détente. Muni de petits instruments de musique rudimentaires, ils égayent les clients par des chansons hilarantes, dans l’espoir de récolter quelques billets. Ce sont les Wôyô. JDA s’est intéressé à ces jeunes zouglous.

Le wôyô, l’ambiance facile, est considéré comme une base du zouglou. Bon nombre de grosses pointures, têtes de pont de cette musique urbaine, y ont fait leurs armes avant de connaître la gloire. De jeunes amoureux du zouglou, malheureusement issus de milieux défavorisés, ont choisi ce créneau pour se sortir de la galère et entrer un jour en studio. Le Wôyô utilise les tambours, les grelots, les castagnettes, et ses jeunes chanteurs investissent les maquis, restaurants et espaces dits de plein air, pour se produire et espérer recueillir un peu d’argent.

 

Chanter pour survivre Quand arrive le week-end, les espaces de détente de la capitale économique sont pris d’assaut par ces jeunes zouglouphiles. L’objectif est d’apporter gaieté et bonne humeur aux clients. Composée généralement de trois personnes, le lead vocal et deux instrumentistes qui font office de choristes, l’équipe accompagne son wôyô d’un zeste d’humour. Tout est fait pour faire rigoler les clients. « Quand nous chantons, nous essayons d’utiliser les faits de société, que nous traitons de manière humoristique pour faire sourire les clients. Et, avec le wôyô, c’est très facile, chacun s’y retrouve », explique à JDA Marcellin Koré, alias Marcello Côte d’Ivoire, lead vocal du groupe « Les enfants du wôyô ». Outre les maquis, ces jeunes talents de « l’ambiance facile » investissent également certaines cérémonies de réjouissances (mariages, baptêmes, anniversaires, réunions politiques…), ou même funéraires, parfois sans avoir été invités. Cependant, si certains d’entre eux en font une activité de subsistance, d’autres, par contre, espèrent ainsi dénicher un producteur. « Quand nous intervenons dans les maquis, c'est vrai que nous avons un besoin immédiat d'argent pour subvenir à nos besoins les plus vitaux, mais le plus important, pour les jeunes artistes que nous sommes, c'est de faire tomber sous notre charme une personne susceptible de nous produire », explique Guillaume Kipré, membre d’un groupe de wôyô de Cocody. Face à ce phénomène, une entreprise de téléphonie mobile de la place a depuis quelques années initié un concours national de révélation d’artistes de wôyô, au cours duquel le vainqueur bénéficie de la production et de la promotion de son premier album. Un coup de pouce encore timide qui devrait permettre à certains de ces jeunes talents de réaliser leurs rêves discographiques.

 

Anthony NIAMKE

 
 
 
 

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