AHMED A. TRAORÉ : Assistant de recherche, Chargé de cours à l’Université de Montréal.

Quel commentaire faites-vous des déclarations de la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur les récents mouvements militaires ?

 Aïchatou Mindaoudou a bien fait de noter que les incidents impliquaient des militaires ivoiriens. Cela relève donc du ressort des autorités ivoiriennes. Ces mouvements sont la manifestation de la mauvaise gestion des questions militaires depuis la fin de la crise. Et je pense que cela remet en cause la stabilité du pays. L’indiscipline et la non maîtrise de l’armée peuvent conduire à toutes sortes d’aventures. Cela serait très regrettable, vu les efforts fournis par le gouvernement.

 Avec tous les remous, peut-on dire que le contexte est favorable pour le départ de l’ONUCI ?

 L’ONUCI n’a pas vocation à régler les problèmes de sécurité dans un contexte plus ou moins normalisé. Les résolutions successives avaient pour objectif de s’interposer entre les belligérants d’alors, et après d’aider à l’organisation d’élections. Ces deux objectifs atteints, il est normal que les ressources allouées à l’ONUCI soient réaffectées vers des zones où le besoin est plus pressant. Il revient aux Ivoiriens d’assumer leurs responsabilités.

 Après 14 ans de présence en terre ivoirienne, que retenez-vous de la présence de l’ONUCI ?

 L’ONUCI a un bilan mitigé, tout comme l’institution mère. Les bons points restent l’interposition entre les belligérants entre 2003 et 2010, les actions humanitaires, les nombreuses formations sur le processus de gestion de crise et l’appui à l’organisation des élections, même si la fin du processus a été marquée par une extrême violence. Sur ce dernier point, l’ONUCI n’a pu empêcher les nombreuses exactions perpétrées par les protagonistes. Cela nous donne à penser que les forces onusiennes dans le monde doivent avoir des feuilles de route plus claires et l’action doit être plus proactive que réactive. 

À LIRE AUSSI

L’Hebdo - édition du 19/04/2018
Voir tous les Hebdos
Edito
Par Ouakaltio OUATTARA

Libérez la parole !

Libérez la parole ! La parole libère, dit l’adage, et, de plus en plus, les Ivoiriens la demandent. Non pas seulement sur les réseaux sociaux ou dans les bureaux et ...


Lire la suite
JDF TV L'actualité en vidéo
Recevez toute l’actualité

Inscrivez-vous à la Newsletter du Journal d'Abidjan et recevez gratuitement toute l’actualité