CPI : Des décisions pour changer son image ?

La Cour pénale internationale joue sa crédibilité à chaque procès

La Cour pénale internationale (CPI) a rendu deux décisions historiques en moins d’un an, les libérations de Jean-Pierre Bemba, de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Taxée initialement de « Cour de justice uniquement pour les Africains », est-elle en train d’œuvrer à changer ?

Cour de justice à la solde de la communauté internationale ou encore cour de justice qui ne vise que les Africains. Tel était le regard que certains avaient du tribunal des Nations unies, la Cour pénale internationale (CPI). À raison d’ailleurs, car la plupart des affaires inscrites au rôle de cette cour concernaient des anciens hauts dirigeants africains. Avec les cas Jean-Pierre Bemba, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, ce regard changera-t-il ?

Nouvelle image Après avoir condamné Jean-Pierre Bemba en première instance, la  justice internationale s’est ravisée le 13 juin 2018, en requérant sa libération immédiate. Ce dernier ne s’est pas fait prier pour regagner son pays afin de prendre part au processus politique en cours, notamment l’élection présidentielle. Une décision qui, pour certains, avait des relents politiques. Presque six mois après jour pour jour, la CPI a prononcé une décision similaire, après 7 ans de procès, pour l’ex Président ivoirien Laurent Gbagbo et son leader de la jeunesse, Charles Blé Goudé.  « C’est la victoire du droit », selon Laurent Akoun, proche des deux détenus. Une thèse reprise par les soutiens des deux hommes, qui, dans un passé récent, défendaient la thèse selon laquelle « la CPI est une cour aux ordres ». Ces décisions ne sont pas pour autant du goût des victimes et de certaines organisations de défense des droits humains. Partiale, incompétente, les reproches ne manquent pas.

Manque de moyens ?  En 1998, la création de la CPI avait fait naître d’immenses espoirs. Elle était dotée d’une mission ambitieuse pour l’époque : juger les crimes les plus importants, tels les « crimes de guerre » ou les « génocides ».  Pour y parvenir, il faut des moyens. Mais selon Karine Bonneau, responsable de l’Ong Justice internationale, la CPI n’en a pas assez. « Elle doit faire avec un budget très limité, car les États parties comme la France ne veulent pas l’augmenter, alors que les procédures se multiplient ». À cela il faut ajouter que plusieurs pays, comme la Russie, la Chine, les États-Unis, une bonne partie des pays arabes et Israël continuent de rejeter la CPI. « Il y a vingt ans, son statut (dit Statut de Rome NDLR) avait été adopté rapidement. Aujourd’hui, ce ne serait plus possible », conclut Karine Bonneau. Si les États boudent la justice internationale, cette dernière ne pourra exister longtemps sans eux.

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