Côte d'Ivoire-Burkina : coopération sur fonds de conflits politico-diplomatiques

Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Alpha Barry, a foulé ce mardi autour de midi, le sol ivoirien. Une visite qui intervient trois mois après l’abandon par le Burkina des poursuites contre le chef du parlement ivoirien Guillaume Soro, et l’ex président Blaise Compaoré. Autre centre d’intérêt, la perspective de la reprise du traité d’amitié entre ces deux pays, suspendu depuis la chute de l’ex-président Compaoré.

Au programme de cette visite de travail qu’entreprend ce mardi le ministre Burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry, figurent en bonne place la signature d’un mémorandum d’entente en matière de Justice, une convention relative à l’entraide judiciaire en matière civile et commerciale, une convention sur l’entraide judiciaire pénale, et une convention relative à l’extradition. Sur ce dernier point, l’on se souvient qu’après l’éclatement de « l’Affaire Blaise Compaoré », poursuivi par son pays pour haute trahison après sa chute, la Côte d’Ivoire s’était empressée de naturaliser ce dernier afin de se donner les moyens juridiques d’éviter d’extrader l’ex-homme fort du « Pays des hommes intègres » vers son pays d’origine. Interrogé en son temps sur cette attitude de la Côte d’Ivoire, la porte-parole adjointe du gouvernement, Mme Affoussiata Bamba Lamine, ministre de le Communication, mal à l’aise, avait lancé : « Blaise Compaoré est Ivoirien, un point, un trait ».

Par ailleurs, même si, à son corps défendant et pour « raison diplomatique », dit-on du côté des palais présidentiels des deux pays, la Justice du Burkina n’a pas, pour autant, abandonné son désir de voir le président du parlement ivoirien être entendu par une juridiction, fut-elle ivoirienne. Pour rappel, le Burkina avait lancé un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, président du Parlement ivoirien pour son implication présumée dans le coup d'État manqué de septembre 2015.

En outre, le mercredi dernier, le gouvernement ivoirien annonçait un plan d’urgence d’évacuation, avant la fin juillet, des ressortissants burkinabè installés clandestinement dans les forêts du parc du mont Péko, à l’ouest de la Côte d’Ivoire. La relocalisation de ces derniers a toujours été une pomme de discorde entre les deux pays lors des précédents traités d’amitié et de coopération. La question qui se pose est de savoir s’il fallait ramener ces paysans clandestins vers leur pays d’origine, ou les installer ailleurs en Côte d’Ivoire.

Si ces imbroglios politico-juridiques semblent ne pas avoir un impact sur les échanges commerciaux entre le Burkina et la Côte d’Ivoire, chacun de ces deux pays joue une carte : la pression sur l’autre. D’autant plus que la prochaine session du traité d’amitié et de coopération est annoncée pour la fin de ce mois de juillet à Yamoussoukro.

 

Ouakaltio Ouattara

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