Entre tensions sociales et politiques

Liés par l’histoire et la géographie, les deux pays n’ont d’autre choix que de s’entendre.

La Côte d’Ivoire et le Ghana, en dépit de leurs rapports de bon voisinage, restent toujours d’éternels rivaux. Une tension parfois alimentée par le sport et la présence de réfugiés ivoiriens au Ghana

L’histoire de la Côte d’Ivoire et celle de son voisin, le Ghana, demeure l’une des essences clés dans les relations qui lient depuis plusieurs années ses deux nations. Des relations cordiales et fraternelles qui ont toujours existé entre les deux pays et qui se sont renforcées durablement après les indépendances. Et si entre les Présidents Félix Houphouët Boigny et Kwame Nkrumah, existait une divergence de point de vue,sur la manière de conduire le développement de l’Afrique, le succès économique de ses deux poids lourds de la même zone géographique, allait se jouer au niveau de la similarité de leurs potentiels économiques. Aujourd’hui, cette rivalité qui semble exister entre eux, continue de se faire sentir à tous les niveaux.
Frères ennemis ?En 1992, la Côte d’Ivoire rafle la coupe d’Afrique au Ghana et un an plus tard, un match de ligue des champions qui oppose l’Asec d’Abidjan à l’Ashanti Kôtôkô du Ghana, dégénère entrainant plusieurs blessés de part et d’autre. L’affaire prend des grandes proportions entre les deux peuples et les politiques sont obligés d’intervenir pour faire baisser la température. Il a fallu du temps pour que le calme revienne se souvient le docteur Salif Koné, historien, qui précise que l’un des éléments ayant accentué la crise est le fait que les deux voisins ne «  partagent pas la même langue officielle même si les peuples partagent des similitudes tout au long de la frontière.  Quand, en 2002, nait une rébellion au nord du pays, Laurent Gbagbo qui, en des mots à peine voilés, accuse les pays ayant une frontière nord avec la Côte d’Ivoire (Mali et Burkina), se rapproche du Ghana. Ses partisans profitent de ces relations pour se réfugier chez ce voisin après la crise postélectorale. Une situation qui pèse dans les relations entre Accra et Abidjan d’autant plus que les sécurocrates  ivoiriens voient d’un mauvais œil le fait que le Ghana accorde refuge à des « déstabilisateurs » explique le politologue Bernard Assi. « Si certains réfugiés ont contribué à un moment à perturber les liens entre les deux pays, leur présence au Ghana a aussi permis un rapprochement au niveau bilatéral et au niveau de la coopération sécuritaire » ajoute M. Assi. Le lointain souvenir de l’échec de l’extradition de Katinan Justin Koné, ancien porte-parole de Gbagbo, pourrait être ravivé par l’affaire « DamanaAdiaPickass » en exil au Ghana et contre qui le ministre de l’intérieur, Sidiki Diakité, a lancé un mandat d’arrêt. Mais entre les deux pays, on joue la carte de la pondération, chacun évitant de froisser l'autre et de mettre à mal des relations bilatérales en pleine reconstruction.
Anthony NIAMKE

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