La productivité victime des embouteillages

Difficile de pointer à 7 H 30, pour cause de dysfonctionnements des transports

L’impact des difficultés de transport sur l’économie nationale est réel, notamment en termes de productivité. Si aucune étude n’est disponible sur la question, le Bureau national d’études et de développement technique (BNETD) affirme que ces dysfonctionnements impactent le porte-monnaie des usagers.

Les fonctionnaires et autres agents publics ivoiriens démarrent en principe la journée à 7h30 depuis 2015, contre 8h par le passé. Un changement que le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative d’alors, Ibrahim Bakongo Cissé, justifiait par la volonté du gouvernement d’améliorer la productivité de l’administration et des services publics sur le territoire national. À l’époque, une bonne partie des fonctionnaires avertissaient que la mise en place de cette réforme appelait des mesures d’accompagnement à Abidjan, où il était quasiment impossible d’arriver au bureau à 7h30, en raison des embouteillages occasionnant de nombreux retards.   

Un coût élevé Deux ans après, c’est toujours une réalité dont l’impact réel reste à mesurer, à en croire Jean Amani Brou, chef de service économie des transports du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD). La dernière étude sur les coûts de dysfonctionnement des transports remonte à 1998 et avait été réalisée par un bureau d’étude français, la STC, à la demande de la Banque mondiale. Intitulée « les coûts sociaux du système de transports urbains d’Abidjan », elle montrait que dans la capitale économique, les coûts des dysfonctionnements représentaient un taux de 3,6 à 5,7% du Produit intérieur brut (PIB). Pour M. Brou, entre autres chargé des études de mobilité, c’est à dire de tous les déplacements enregistrés dans le District d’Abidjan, la problématique du transport dans la ville se pose en termes d’insuffisance ou d’inorganisation. Dès lors, ajoute

L’impact des difficultés de transport sur l’économie nationale est réel, notamment en termes de productivité. Si aucune étude n’est disponible sur la question, le Bureau national d’études et de développement technique (BNETD) affirme que ces dysfonctionnements impactent le porte-monnaie des usagers.

t-il, « ce qu’on peut dire, c’est que le temps que les travailleurs mettent dans les transports avant d’arriver à leurs lieux de travail a une incidence réelle sur leur productivité et sur l’économie nationale, même si pour l’heure, on n’en a pas encore mesuré toute l’ampleur ». Malgré ce manque de données chiffrées, on peut affirmer, sur la base du ressenti des usagers, que le trajet domicile-lieu de travail revient cher. En effet, ces derniers sont obligés de décomposer leurs déplacements en plusieurs modes, du fait que les acteurs du système informel, notamment les « Woro woro et les gbakas », font de courts trajets pour augmenter leurs rotations et optimiser leur gain. De plus, ils pratiquent également la surenchère du fait de l’absence de régulation.

 

Benoit TANOH

 

 

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