Secteur du vivrier : L’exemple à suivre

Le marché gouro est une expression de réussite de l’approvisionnement des marchés.

La Côte d’Ivoire n’a pas encore atteint l’auto suffisance vivrière, mais la chaine de distribution et l’approvisionnement du marché sont des expériences réussies en la matière.

La stratégie d’approvisionnement des marchés en vivrier, selon Collette Irié Lou, Présidente de la Fédération nationale des sociétés coopératives du vivrier de Côte d'Ivoire (FENASCOPECI), part de la structuration de petites entités en coopératives. Cela a contribué à l'essor du secteur depuis 1990, avec aujourd’hui des coopératives dans chacune des 31 régions. « Les choses marchaient tellement bien que nous sommes passés à une fédération qui regroupe aujourd’hui les unions et 1 800 coopératives implantées sur l’ensemble du territoire national », souligne Collette Irié Lou, qui précise que les coopératives sont composées à 90% de femmes.

Difficile conservation C’est dans cet élan que le Programme d’appui stratégique à la recherche scientifique (PASRES) a lancé un appel à projets de recherche sur la conservation du vivrier, un secteur dynamique qui est confronté à d’énormes difficultés. Selon le Dr Yaya Sangaré, son Secrétaire exécutif, 85% de la population agricole, en majorité féminine, produit annuellement près de 16 millions de tonnes, estimées à 800 milliards de francs CFA. La croissance en volume de la filière s’est établie autour de 6% en 2016 contre 3% en 2011, performance permettant d’approvisionner les Ivoiriens et de lutter contre l’insécurité alimentaire, sans toutefois assurer l’autosuffisance.« Très abondantes à certaines périodes de l’année, les productions subissent des pertes post-récolte variant de 25 à 40%, en raison de leur caractère périssable », déplore le Dr Yaya Sangaré. Le Pr Mamori Camara, chercheur au Centre national de recherche agronomique (CNRA), situe quant à lui, les faiblesses du secteur à un niveau technique et économique. Au niveau technique, il estime que les acteurs rencontrent des difficultés pour accroître leur production et la stocker, au regard du caractère majoritairement périssable des produits. « Le secteur vivrier est toujours dans l’informel, compte tenu de la faiblesse de l’encadrement politique, environnemental et climatique. Analphabètes pour la plupart, les acteurs ne maîtrisent pas la gestion de l’eau et des calendriers culturaux, avec le phénomène des changements climatiques, et utilisent des techniques inadaptées ».  Au niveau économique, selon le Pr Camara, l’enclavement des zones de production et l’étroitesse du marché, avec des coûts de transaction élevés, réduisent les bénéfices associés aux activités commerciales. La baisse du pouvoir d’achat des populations et l’instabilité des rendements et des prix de vente affectent non seulement le revenu, mais aussi la rentabilité des investissements sur l’exploitation. En perspective, la création de dix nouveaux marchés de gros et la réhabilitation de celui de Bouaké, selon le Pr Camara, qui appelle à la mise en place d’un programme de valorisation des produits agricoles sur place.

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