Crise sociale : majorité et opposition se renvoient la balle

Un duel qui pourrait renvoyer les deux camps dos à dos.

L’on se perd en conjecture sur la nature des manifestations de protestation contre la Compagnie ivoirienne d’électricité, qui ont secoué un certain nombre de villes de l’intérieur du pays, la semaine dernière. Véritable fronde sociale ou manipulation politique, chacun y va de sa lecture.

Au jeu subtil de savoir porter les maux sur autrui, à propos des manifestations de colère émail- lées de débordements des abonnés de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), le Rassemblement des républicains (RDR), le parti du président Alassane Ouattara, a été le premier à déclencher les hostilités. Le 20 juillet, le Bureau national de ce parti a demandé « aux différents présidents RJR (Rassemblement des Jeunes Républicains) et mouvements de jeunesse, de veiller au maintien de l’ordre dans leur localité». Afin de prévenir toute mauvaise surprise, le RDR, soutenu par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), s’est fait plus direct, en pointant du doigt l’opposition. « Ces manifestations contre la CIE sont des actes téléguidés par des mains obscures et des individus aux intentions inavouées », n’a pas manqué d’accuser la coalition au pouvoir, qui invite le gou- vernement à la fermeté.

Réponse du berger à la bergère
Pour l’opposition, « cette réaction est le témoignage d’une coalition qui a peur que tout lui échappe subitement ». Laissant d’abord le soin aux réseaux sociaux de relayer la mauvaise passe que connait le pouvoir, le président Ouattara ayant lui-même reconnu, le 1er mai dernier, le coût élevé de la vie, l’Alliance des forces démocratiques (AFD) tente d’enfoncer le clou. Sitôt après l’éclatement de ces manifestations, cette plateforme a déclaré que « la colère des abonnés de la CIE n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase plein de mécontentement des Ivoiriens ». À cet effet, le Front populaire ivoirien (FPI), principal parti de l’Alliance, pour qui le retour de la violence sur le campus de Cocody et la grogne contre la CIE sont interprétés comme les effets de l’usure du pouvoir, se positionne comme un recours pour le retour au calme sur le front social. D’où l’appel lancé au chef de l’État pour l’annulation des dernières factures de la CIE, mais aussi le retrait du projet de réforme constitutionnelle, face à un peuple qui, selon lui, « n’est pas content ». Ce faisant, tout porte à croire que pour reprendre la main, Alassane Ouattara pourrait surprendre dans les jours à venir.

Benoît TANOH

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