Mutinerie : quelles conséquences sur l'image du pays ?

La campagne initiée par la Côte d’Ivoire en vue d’un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU va-t-elle en pârtir ?

En même temps qu’il marquait son accord pour la prise en compte des revendications des soldats, le Président Alassane Ouattara indiquait que « cette manière de revendiquer était de nature à ternir l’image de la Côte d’Ivoire ». Qu’en est-il vraiment ?

Il faudra encore attendre quelques jours pour apprécier toutes les conséquences de la dernière mutinerie des soldats ivoiriens. Toutefois, de l’avis d’Emmanuel Yao N’Goran, ancien fonctionnaire international et sociologue, il est indéniable que ces deux jours de tension ont quelque peu affecté l’économie nationale. Les différents corridors au niveau des villes de Bouaké et de Daloa ont été paralysés, et le trafic ferroviaire entre Ouagadougou et Abidjan, servant à l’acheminement des marchandises et vivres a été perturbé. Résultat, de nombreux opérateurs économiques ont subi des désagréments.

Stabilité politique ?

Cela dit, ce que la Côte d’Ivoire peut craindre le plus des coups de feu qui ont retenti, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à Abidjan, c’est le doute qu’ils font planer sur la stabilité politique. « Les soldats mutins viennent de montrer que la Côte d’Ivoire n’arrive pas à sortir du cercle vicieux de la violence, qui plus est par les armes. Ce qui est de nature à fragiliser les efforts de repositionnement diplomatique abattus depuis quelques années », regrette cet ancien fonctionnaire international. Il ajoute par ailleurs que « les revendications des soldats mutins sont heureusement d’ordre pécuniaire, ce qui laisse croire qu’il n’y a pas de double jeu en vue d’un agenda caché ».

Réaction positive

Les pouvoirs publics peuvent toutefois craindre que le recours abusif et récurrent aux armes à feu par des soldats mutins, doublé par des actes de vandalisme pour faire entendre leur voix, ne dégrade l’image du pays auprès des investisseurs. Déjà, en juillet 2016, à Bouaké et Yamoussoukro, suite à des protestations contre la hausse de starifs de l’électricité, des individus s’étaient livrés à des vols de véhicules, à la destruction de biens publics et de certaines entreprises privées, notamment des banques. En attendant d’être situé par la réaction de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), des sources proches de la Commission bancaire de la BCEAO, également basée à Abidjan, confient sous couvert de l’anonymat que la promptitude avec laquelle le Président Ouattara a réagi après les coups de feu du week-end dernier, est de nature à ne pas entamer la confiance que les investisseurs placent dans la Côte d’Ivoire depuis ces dernières années.

Benoît TanoH

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