Migration des électeurs : Une donne qui fausse la carte électorale

La Côte d’Ivoire pourra-t-elle avoir une carte électorale fiable ? Face aux multiples migrations des électeurs en fonction des enjeux électoraux, la question mérite d’être posée. Impuissants face à ce phénomène, les partis politiques ne peuvent que sensibiliser leurs militants.

Le phénomène de la migration devrait en principe être minime et ne concerner que quelques fonctionnaires affectés dans le cadre de leurs fonctions. Mais, à l’exercice du terrain, d’autres enjeux incitent certains électeurs à changer de bureau de vote, notamment pour les élections législatives et municipales. Afin de maximiser leurs chances de gagner ces élections locales, certains candidats n’hésitent pas à faire déplacer des électeurs d’Abidjan vers leurs circonscriptions.

Du simple au double Lors de la présidentielle d’octobre 2015, par exemple, la commune administrative du Plateau, dans le district d’Abidjan, comptait 38 799 électeurs. Ce chiffre est passé à 69 401 pour les législatives de décembre 2016 et, de sources proches de la commission électorale, ce chiffre devrait être revu à la hausse pour les élections municipales. « Trois grosses pointures sont dans la course. Le maire sortant, Noël Akossi Bendjo, et deux hommes d’affaires, Dramane Ouattara dit OD, adjoint au maire, et Fabrice Sawegnon. L’enjeu est grand et ils mobilisent tous leurs proches afin que ceux-ci viennent se faire enrôler au Plateau ». C’est la seule commune où le nombre d’électeurs dépasse de près de 10 fois le nombre d’habitants (7 488 selon le dernier recensement, en 2014).  Selon une source à la Commission électorale indépendante (CEI), la migration des électeurs évolue entre 10 et 20% d’une zone à une autre et la plupart de migrants quittent Abidjan pour les villes de l’intérieur. « Cela à un coût élevé. Il faut les transporter pour les phases d’enrôlement et les transporter à nouveau à la veille du scrutin, en les logeant » reconnait un candidat aux élections législatives dernières qui a utilisé cette méthode clientéliste. « Mais elle n’est pas toujours gagnante », prévient-il. « Des électeurs peuvent vous faire faux bond le jour du scrutin en étant absents ou opter pour votre adversaire ». Le Rassemblement des républicains (RDR) avait, dès l’annonce de la révision de la liste électorale, appelé ses partisans à ne pas s’adonner à ce jeu. Si les autres partis ne l’ont pas suivi, ils n’ont pas plus donné leur opinion sur la question, estimant que le plus important était que les non-inscrits puissent se faire enrôler. Mais plusieurs candidats potentiels n’ont pas pour autant lésiné sur les moyens. Outre la sensibilisation, ils ont mis la main à la poche afin de « mobiliser » le maximum d’électeurs dans la circonscription où ils se présentent.

Ouakaltio OUATTARA

 
 

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