Primature : Les 100 jours d’amadou Gon Coulibaly

Le gouvernement Amadou Gon Coulibaly I reste très attendu sur plusieurs dossiers prioritaires

Le 10 janvier dernier, alors que les fonctionnaires débrayaient et que des militaires paralysaient le pays, Amadou Gon Coulibaly (AGC) se voyait confier les clés de la Primature. Pendant ce temps, l’ancien locataire Daniel Kablan Duncan accédait à la vice-présidence de la République. Installé dans son fauteuil de Premier ministre, Amadou Gon s’est aussitôt attaqué aux dossiers chauds de l’heure, afin de désamorcer la bombe sociale qui a secoué les institutions de la 3è République. 100 jours, jour pour jour, après cette nomination, JDA revient sur les grands moments et les actes forts posés par le gouvernement Amadou Gon Coulibaly, mais scrute également l’horizon de l’ère AGC, à trois ans de l’échéance de l’émergence et de la fin du second et dernier mandat du président Ouattara.

Après avoir occupé le poste stratégique de secrétaire général de la présidence de la République entre 2011 et 2016, c’est sans grande surprise qu’Amadou Gon Coulibaly a atterri à la Primature le 10 janvier dernier. Dans le feu, dira-t-on, tant le début de l’année 2017 a été marqué par plusieurs évènements politiques, militaires et sociaux majeurs. Le 7 janvier, des soldats revendiquant des primes paralysaient la ville de Bouaké, quand deux jours après, le 9 janvier, Guillaume Soro était élu pour la seconde fois, président de l’Assemblée nationale. Ce même jour, Daniel Kablan Duncan remettait sa démission de son poste de Premier ministre au président de la République, avant d’être nommé le lendemain 10 janvier, vice-président, quelques heures avant la nomination d’Amadou Gon Coulibaly. Au moment où se déroulait ce jeu de chaises musicales, les fonctionnaires déclenchaient une grève générale le 9 janvier, qui durera deux semaines.

 

Déminage La pression et la tension étaient montées d’un cran, pour la première fois sous la gouvernance du Président Ouattara, rappelant les heures sombres du passé. En situation difficile, le gouvernement mis en place par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly n’a pas tardé à prendre les taureaux par les cornes, en ouvrant le dialogue avec, d’un côté les fonctionnaires, et de l’autre les ex-combattants, dont la grogne avait atteint presque toutes les casernes du pays. Après d’incessants ballets entre le ministère de la Fonction publique et la Primature, les fonctionnaires obtenaient satisfaction sur quatre points de leurs revendications, et suspendaient le 27 janvier leur mot d’ordre de grève. Comme l’avait laissé entendre le président de la Plateforme nationale, Zadi Gnagna, il s’agissait « de donner une chance au dialogue entamé par le Premier ministre ».

Sur le front militaire, le Premier ministre n’avait pas hésité à tirer le ministre en charge de la Défense, Alain Richard Donwahi, de ses moments de détente des premiers jours de la nouvelle année pour l’envoyer illico-presto à Bouaké, épicentre du mouvement d’humeur des soldats. Ces derniers, à leur tour, lâcheront du lest fin janvier, après avoir obtenu certains engagements de la part du gouvernement. L’étau étant desserré, le Premier ministre a instruit son gouvernement, début février, de maintenir le dialogue avec les fonctionnaires et les militaires, afin de réinstaurer un climat de sérénité qui permettra à l’action gouvernementale de reprendre ses droits. Début mars, en visite à Korhogo pour rendre hommage au président de la République, le Premier ministre a rencontré des ex-combattants, qui profitant de la grogne ambiante, avaient attiré l’attention du gouvernement sur leur situation précaire en se mêlant à la mutinerie. Le ton avait été franc et direct. « Il n’y a plus de place pour vous dans l’armée et l’État ne peut que vous proposer des formations et vous insérer dans d’autres métiers », leur avait déclaré le Premier ministre. Divisés entre partisans du maintien de la pression et ceux qui avaient accepté le message, les ex-combattants démobilisés ont fini par se ranger, en attendant des lendemains meilleurs. Désamorcées, les bombes des fonctionnaires et celles des militaires démobilisés ne sont pas pour autant éteintes. Si les fonctionnaires attendent « de bonnes nouvelles » le 1er mai, jour de la fête du travail, les militaires qui n’ont pas encore perçu un centime des sept millions promis, murmurent, mais restent prudents et font profil bas.

 

Priorités Pour le moment, on ne compte pas encore d’actions fortes, mais le gouvernement a tout de même relancé la construction des infrastructures routières, avec le prolongement de l’autoroute Yamoussoukro-Bouaké et le bitumage de l’axe Divo-Guitry, dont les travaux initialement prévus depuis les années 1980, n’ont jamais connu un début de réalisation. Le 11 avril dernier, en séminaire gouvernemental, le Premier ministre et ses ministres ont adopté un plan d’actions prioritaires qui devra, selon ce dernier, « constituer le fondement des lettres de missions qui engagent individuellement les ministres et collectivement le gouvernement. Il vise à répondre de façon concrète et diligente aux attentes de nos concitoyens. » Dans ce plan, outre les politiques pour améliorer le quotidien des Ivoiriens, tant dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi, figure en bonne place la gestion optimale des ressources financières, et la mise en œuvre de la loi de programmation militaire qui vise à renforcer les capacités des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI).

 

Dossiers actualisés Entre 2011 et 2016, plusieurs décrets pris en conseil des ministres sont restés sans suite. Il s’agit, entre autres, de l’assainissement de la ville d’Abidjan, de l’identification des abonnés à la téléphonie mobile et de l’interdiction de la fabrication, de la vente et de l’utilisation des sachets plastiques. Le gouvernement, qui a noté des défaillances dans la mise en œuvre de ces décisions, a décidé de les remettre sur la table et de les actualiser. Ainsi donc a été instaurée une « Journée ville propre » tous les premiers samedis du mois. Dans le même temps, les conditions d’obtention de puces téléphoniques sont devenues plus contraignantes, pendant que l’accent est mis sur la lutte contre les sachets plastiques. L’épineuse question des logements sociaux, tâche noire du premier mandat Ouattara, a également été mise sur la table et le Premier ministre espère voir se réaliser 150 000 logements d’ici à 2020. Un énorme défi sur lequel il est très attendu. La marche vers l’émergence reste encore bien longue, et Amadou Gon Coulibaly devra redoubler d’ardeur pour rattraper, en trois ans, le retard enregistré dans la mise en œuvre du programme de société du Président Ouattara, qui doit passer le flambeau à son successeur à la fin de l’année 2020. L’accalmie sur les différents fronts politiques, militaires et sociaux devrait jouer en sa faveur.

 

Ouakaltio OUATTARA

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