Le calme avant la tempête ?

Remboursés à hauteur de 12% de leur investissement, les souscripteurs d’agrobusiness ne décolèrent pas.

Malgré le calme apparent sur le front social, le feu semble couver sous la cendre. Des producteurs de cacao aux souscripteurs d’agrobusiness, plusieurs catégories socio-professionnelles rongent leur frein, alors qu'une fédération de consommateurs invite le gouvernement à contrôler les prix. Le mécontentement ne faiblit pas.

Les producteurs de cacao entendaient marcher le 15 mars pour dénoncer la mévente de leurs produits et réclamer le dédommagement des coopératives pour les préjudices subis. Finalement, cette manifestation n’a pas eu lieu. À JDA, qui l’a joint par téléphone, le premier responsable du Collège national des producteurs de café-cacao (CNPCC), Dinard N’Zi Yao, a répondu : « Nous sommes en négociation avec le président du Conseil d’administration du Conseil café-cacao, le ministre Lambert Kouassi Konan ». Selon N’Zi Yao, il s’agit juste d’une suspension, et il prévient que « la marche peut avoir lieu à tout moment ».

Agrobusiness Quant aux souscripteurs des entreprises de l’agrobusiness, ils ont changé de stratégie. Après les affrontements avec les forces de l’ordre et des actions musclées qui ont entraîné le saccage des locaux du Trésor public, alors qu’ils avaient été invités à se faire enrôler pour le remboursement du capital investi, ils usent désormais des canaux numériques pour mettre la pression sur le pouvoir. Leur objectif : obtenir la restitution de leurs capitaux et le retour sur investissement (RSI), ainsi qu’on peut le voir dans une vidéo mise en ligne le 16 mars, par Innocent Gnelbin, président d’une association.

 

Le mécontentement existe également du côté du commun des Ivoiriens, comme l’explique Nfally Ben Soumahoro président de la Fédération ivoirienne des consommateurs le Réveil.  Le 15 mars, il s’en est fait le porte-voix à l’occasion de la Journée Internationale du consommateur en déclarant : « Les prix des produits sur nos marchés sont hors contrôle. Cela cause des désagréments entre consommateurs et opérateurs économiques, surtout quand le gouvernement ne communique pas ». Mais cette affirmation est contredite par le Professeur Goa Kacou, spécialiste en communication à l’Université Félix Houphouët-Boigny, qui pense plutôt que la grogne qui se fait entendre résulte plutôt d’une sur-communication. « Si chaque jour le gouvernement affirme que tout marche bien, cela donne l’impression aux populations que la marche vers l’émergence a produit des résultats et qu’elles peuvent déjà réclamer leur part de gâteau. Alors que la construction est encore en cours ».             

 

Benoît TANOH

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