Les « Binguistes » toujours plus forts

Tout est mis en œuvre pour que les candidats au départ renoncent au voyage périlleux.

Campagne de sensibilisation sur les risques de l`immigration irrégulière, conférences-débats, invitation à dénoncer les réseaux de passeurs en vue de leur démantèlement, les initiatives prises par les pouvoirs publics en vue de juguler le phénomène se multiplient. Mais le bilan n’est pas à la hauteur des efforts déployés.

Au cours du dernier semestre de cette année, 354 Ivoiriens auraient franchi les côtes italiennes. Une révélation faite par FRONTEX, l’agence de protection des côtes européennes, dont le rapport a été cité au mois de juillet par le directeur général des ivoiriens de l’extérieur (DGIE), Issiaka Konaté.. Une preuve que les initiatives et actions de terrain conduites par les autorités peinent à convaincre. Au mois de juin dernier, dans le cadre d’une campagne nationale de sensibilisation contre la migration irrégulière, une délégation du ministère de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur s’est rendue à Daloa. Le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, soutenu par la Fondation allemande Friedrich Naumann pour la Liberté, a insisté sur tous les dangers liés à l’immigration clandestine. À cet effet, les parents ont particulièrement été sollicités pour la création de comités locaux de sensibilisation, en vue de dissuader leurs enfants de risquer leur vie.

Actions inopérantes

Selon toute vraisemblance, les opérations de dénonciation et de démantèlement de réseaux mafieux, et même l’implication des guides religieux, s’avèrent jusque là inopérantes. Le phénomène « Binguiste », en d’autres termes, l’aisance matérielle affichée par ceux qui réussissent à rejoindre l’Europe, est pointé du doigt. Ces derniers occultent volontairement la triste réalité qu’ils vivent, et continuent ainsi d’opérer un charme sur les candidats au départ. Pourtant, la Côte d’Ivoire et l’Union européenne ont pris, au mois d’avril, des engagements en vue de gérer ensemble les flux migratoires. L’UE entend ainsi faciliter la promotion des investissements privés dans la transformation des matières premières, et soutenir les initiatives dans le domaine de l’emploi des jeunes. Malgré tout, il reste difficile dans un contexte de libre circulation des biens et des personnes, de contrôler les sorties des populations. La Côte d’Ivoire figure au 5ème rang des pays africains de départ, révèle le rapport de FRONTEX, examiné lors du Sommet européen tenu à Bruxelles au mois de mai dernier. À en croire ce document, ce sont 3 156 Ivoiriens, représentant 7% du contingent des migrants africains, qui ont été secourus en pleine mer Méditerranée en 2015.

Benoît Tanoh

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