Déchets plastiques : Les bons élèves africains

Les autorités rwandaises sont un exemple en matière de lutte contre les sachets plastiques.

Faire face aux déchets plastiques est devenu le souci des pays africains. Mais d’un pays à un autre, chacun a sa façon de gérer le problème.

Depuis 2004, le Rwanda a strictement interdit la production, l’importation et l’utilisation de sacs en polyéthylène. Bien décidé à devenir le Singapour de l'Afrique, le pays aux mille collines a été l’un des premiers au monde à bannir cette monstruosité qui pollue les paysages, l'air, les rivières et les océans. Seuls les sacs en plastique très épais, réutilisables durant plusieurs années, sont tolérés. Les douaniers traquent inlassablement les importations en contrebande de la République démocratique du Congo voisine. Des policiers font des descentes chez les petits commerçants pour sanctionner les récalcitrants et les contrevenants risquent des amendes de plusieurs centaines de dollars, voire des fermetures pures et simples. Les coupables doivent ensuite rédiger une lettre d’excuses publiques s’ils veulent que leur entreprise soit rouverte. Quant aux condamnés, ils risquent carrément jusqu'à six mois de prison ferme.

Fermeté Derrière cette politique ferme et impitoyable contre les sachets plastiques, il y a bien sûr, le Président de la République, Paul Kagamé. L’homme fort de Kigali est très à cheval sur l’application de cette mesure. Dans l’avion, les hôtesses de l’air informent les passagers qu’il est interdit d’utiliser les sachets plastiques dans le pays. Autre pays qui a fait des avancées dans la lutte contre les sachets plastiques, le Ghana. Le pays a plutôt misé sur le recyclage. Une coalition d’institutions du secteur privé, conduite par l’entreprise Fan Milk Ghana, dénommée Pick It, a pris en compte la gestion des déchets plastiques, en recrutant des Ghanéens. Par ce projet innovant, démarré en août 2017, les initiateurs entendent accroître de manière exponentielle le taux de collecte des déchets plastiques au Ghana, tout en améliorant les conditions de vie des collecteurs. Déjà 300 personnes ont été recrutées et regroupées en coopératives. C’est à domicile, dans les gares, les marchés et les usines qu’elles collectent désormais les films plastiques, les sachets, les bouteilles et autres.

À ces deux pays l’on peut ajouter le Kenya. Là aussi on mise sur le recyclage. À défaut d’empêcher la production de sachets plastiques, c’est la technique la plus utilisée. Et le Kenya a symbolisé longtemps cette lutte. Un boutre traditionnel fait entièrement de déchets et de claquettes part en expédition le long de la côte kényane pour sensibiliser sur les effets néfastes des déchets plastiques. Avec sa voile triangulaire caractéristique, ce bateau ayant entrepris une expédition le long des côtes est-africaines a été construit grâce à des déchets plastiques ramassés notamment sur des plages kényanes.

Raphaël TANOH

 

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