Sénégal : Décrispation en vue ?

Le Président sénégalais Macky Sall et son prédécesseur Me Abdoulaye Wade se sont retrouvés après plusieurs années de rupture de relations. C’était à la faveur de la cérémonie d’inauguration de la mosquée Massalikoul Djinaane de Colobane à Dakar, le 27 septembre. Une réconciliation, suivie peu après de la grâce accordée à l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall. Signe d’une volonté de décrispation non dénuée d’arrières-pensées politiques, selon certains.

Ces retrouvailles ont été  orchestrées par le Khalife général des Mourides, Sérigne Mountakha Mbacké, qui a réuni les deux hommes après la cérémonie d’inauguration.  Au delà d’une volonté simple de décrispation politique, il faut y voir un réel besoin d’apaisement des tensions sociales et économiques, parce que la « situation est extrêmement tendue », analyse le politologue Abdou Khadre Lo dans une interview à TV5.

La priorité du président Macky Sall était de se faire réélire en 2019. Une fois ses adversaires les plus menaçants, Khalifa Sall et Karim Wade, écartés, la tâche s’annonçait plus facile.

Calcul dangereux

S’il reste le « vieux loup de la politique sénégalaise », Abdoulaye Wade n’est-il plus qu’un élément au service du jeu politique de Macky Sall ? Peu importe, répond le politologue, son ultime ambition demeure le retour de son fils Karim au Sénégal et son éventuelle candidature à la présidentielle de 2024.

En outre, la grâce accordée à Khalifa Sall n’est pas synonyme de son retour dans le jeu politique. Derrière sa libération, le politologue voit surtout celle de son comptable Mbaye Touré, neveu du Khalife des Mourides, dont l’élargissement n’aurait pu être envisagé sans celui de l’ancien maire de Dakar.

Ces différents gestes du Président Macky Sall seraient plutôt une marque de sympathie à l’endroit des partisans du PDS d’Abdoulaye Wade, de ceux de Khalifa Sall et des nombreux adeptes de la confrérie des Mourides, très influente dans le pays. Un élan qui pourrait conduire le président sénégalais à amnistier tous les politiques impliqués dans des faits commis entre 2012 et 2019 et pourrait aussi concerner son propre frère, pense le politologue.

Une interrogation logique au regard de certaines situations, mais il pourrait s’agir là d’une résolution dangereuse, car elle pourrait donner une mauvaise image de la démocratie sénégalaise, souvent citée en exemple.

Fatoumata Maguiraga

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