Syrie : Bachar, le retour

Conquérant, Bachar Al Assad ne compte plus recevoir de leçons venues d’ailleurs

Depuis quelques semaines, et encore plus depuis le lundi 18 décembre, le Président syrien, aphone pendant les temps forts de la guerre internationale contre Daesh dans son pays, redonne de la voix. Lui qui était donné pour déchu semble reprendre la main, au grand dam de ses ennemis, internes comme externes.

C’est une passe d’armes avec les officiels français, Président de la République et ministre des Affaires étrangères en tête, qui a remis Bachar al Assad sur le devant de la scène médiatique. Ce dernier s’en est pris à la France, l'accusant de soutien au terrorisme et estimant qu’elle n’avait « pas le droit de parler de paix en Syrie ». Cette sortie date du lundi 18 décembre, au lendemain de propos d’Emmanuel Macron qui estimait que le Président syrien devrait répondre de ses crimes devant son peuple et devant la justice internationale. Assad, qui se trouvait en Russie, a pris la mouche et répondu du tac au tac à son homologue français.

Homologues C’est bien le cas, puisque le Syrien aura réussi à résister à une insurrection violente qui aura duré des années. Le chef du régime syrien, en affirmant que la France avait été le porte-étendard du soutien au terrorisme dès les premiers jours du conflit, tend un peu plus les relations délétères entre la Syrie et la coalition internationale dont fait partie la France. « Quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion », lui a répondu le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

De la discrétion, il semble bien qu’Assad n’ait plus l’intention d’en avoir. Reçu sous les ors du pouvoir russe, son allié indéfectible depuis le début de la crise, le Président syrien cherche à conforter ses appuis avant de partir en négociation. Le dernier cycle de pourparlers, organisé sous l’égide de l’ONU, entre le régime et l’opposition syrienne, s’est achevé le 14 décembre à Genève sans avancée. « Le régime est dans une posture conquérante pour l’instant, en position de force sur le terrain. Il affirme qu’il a l’intention de rétablir son autorité sur tout le pays», explique Thierry Perret, diplomate et ancien journaliste.

L’allié russe Pour reprendre la main, Assad peut donc compter sur l’allié russe, qui organisera l’an prochain des pourparlers à Sotchi. En attendant, la course aux contrats a commencé. Cité par l’agence officielle Sana, le président syrien a confirmé que d’importants projets d’investissements russes en Syrie avaient été discutés, dans les secteurs de l’énergie, du bâtiment, du transport et du commerce.

Célia d’Almeida

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