Hong Kong : Pékin renforce sa mainmise

Carrie Lam, sous tutelle de Pékin, pourra t-elle mettre fin aux divisions à Honk-Kong ?

Dimanche 26 mars, 777 membres du comité électoral sur 1 194 ont désigné la candidate pro-chinoise, Carrie Lam, première femme dirigeante de Hong Kong. Son élection permet au gouvernement central de maintenir une certaine stabilité politique dans la région administrative spéciale.

Carrie Lam, est devenue dimanche la première femme à diriger la région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong. Cette élection est la première depuis la « Révolte des parapluies » en 2014, qui avait fait descendre des milliers d’Hongkongais dans les rues, réclamant plus de démocratie et des élections au suffrage universel. La victoire de la candidate pro-Pékin laisse, deux ans et demi plus tard, un goût amer aux partisans de la démocratie, qui ont dénoncé « une sélection plus qu’une élection » et qui contestent autant la légitimité de la nouvelle dirigeante que sa personnalité. « C’est une sélection faite par le gouvernement de Xi Jinping, c’est pourquoi nous devons continuer à faire preuve de désobéissance civile », déclarait Joshua Wong, figure militante pro-démocratie à l’annonce des résultats.                       

Profil type Cette hongkongaise de 59 ans, à la réputation austère et froide, particulièrement en comparaison de son adversaire John Tsang soutenu par l’opposition et qui était le grand favori des sondages d’opinion, a été durant cinq ans numéro deux du gouvernement sortant du très impopulaire Leung Chun-ying. Réputée efficace et professionnelle, Carrie Lam a promis de combattre la pauvreté et de réformer la politique du logement dans cette région administrative qui compte 7,3 millions d’habitants. Parmi les dossiers délicats qu’elle aura à traiter, le très impopulaire article 23, dit « anti-sécession » d’avec le continent que souhaite Pékin, et la relance des réformes démocratiques promises depuis deux décennies. La nouvelle dirigeante, qui a promis de guérir les divisions politiques, sera investie le 1er juillet 2017, jour du 20è anniversaire du retour de Hong Kong sous contrôle chinois. Signe peu encourageant, un jour après son élection, neuf militants pro-démocrates ont été informés par la police qu’ils seront poursuivis pour leur rôle dans la Révolte des parapluies. Ils comparaîtront devant le tribunal ce jeudi 30 mars, pour faire face à des accusations de nuisance publique. Carrie Lam a déclaré à ce sujet ne pouvoir s’immiscer dans une affaire de justice. Reste maintenant pour la candidate « fiable » choisie par le gouvernement central, à prouver qu’en dehors de la confiance que lui accorde Pékin, elle pourra aussi obtenir celle de ses concitoyens.

Olivier DUBOIS

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