Zimbabwe : L’opposant Nelson Chamisa appelle au dialogue

Le principal dirigeant de l’opposition zimbabwéenne et rival malheureux du président Emmerson Mnangagwa à la dernière présidentielle, Nelson Chamisa, a préconisé mardi 23 octobre la formation d’un gouvernement transitoire d’urgence pour résoudre la crise politique et économique qui s’aggrave dans le pays.

Le Zimbabwe connaît sa plus grave crise économique depuis dix ans. Elle s’est traduite ces dernières semaines par des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments en raison d’un manque de devises.

« La première chose à faire pour ce pays est de s’engager sur le chemin d’un dialogue politique », a déclaré M. Chamisa, du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui revendique la victoire à l’élection présidentielle du 30 juillet. « Nous avons besoin d’une autorité transitoire nationale, de manière à pouvoir résoudre cette crise », a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse à Harare mardi 23 octobre.

M. Chamisa a indiqué avoir rencontré des responsables religieux qui réclament l’ouverture d’un dialogue politique entre l’opposition et le président du Zimbabwe. « Nous sommes prêts à discuter », a-t-il dit. « Nous allons finalement discuter et résoudre nos problèmes nationaux en tant que pays », a-t-il ajouté, mais « nous ne sommes pas prêts à être contraints de légitimer l’illégitime. Notre peuple souffre. Ce délabrement économique est notre lot à tous »

Les pénuries et les hausses de prix actuelles sont les pires depuis que la crise économique et financière de 2008 a entraîné le pays dans une spirale d’hyperinflation. Les prix de nombreuses denrées de base ont plus que doublé en moins d’un mois. Lundi 22 octobre, la banque centrale du Zimbabwe a suspendu de leurs fonctions quatre hauts responsables accusés d’alimenter le marché noir en dollars américains, a rapporté mardi le quotidien étatique Herald.

Crise sociale « La situation dans les hôpitaux est tellement choquante », a pesté Nelson Chamisa. « Nos hôpitaux sont malades. Des hôpitaux malades ne peuvent pas prendre soin de gens malades ». Au moins 50 personnes sont mortes du choléra depuis septembre. « Il y a une absence de leadership, la nation est orpheline », a-t-il conclu afin de légitimer son approche.

B.S.H

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