Bénin : Le nouveau Code électoral fait débat

Au Bénin, un nouveau Code électoral a été adopté le lundi 3 septembre par les députés. Le texte est soumis au quitus de la Cour Constitutionnelle, mais des voix s’élèvent déjà pour exiger sa relecture.

En dépit du tollé suscité par certaines dispositions, le nouveau Code électoral a été adopté par les députés de la majorité présidentielle. Il fixe la caution pour l'élection présidentielle à 10% du montant maximum des frais de campagne, plafonnés à 2,5 milliards de francs CFA, soit 250 millions. Elle était jusqu'à présent de 15 millions de francs. Il demande également 249 millions de francs CFA par liste de candidats pour les élections législatives contre 8,3 millions auparavant. Ce n’est pas tout. Obtenir la majorité dans une circonscription électorale ne suffira plus, car l’élection ne sera validée que si la liste du parti vainqueur obtient au moins 10% des voix au plan national. L’âge minimum ne change pas et est maintenu à 25 ans. Le nouveau texte autorise également les anciens Présidents de la République à se présenter. Par contre, les douaniers et agents forestiers ne pourront pas être candidats aux législatives, à moins d’avoir démissionné de leurs fonctions un an avant la tenue de celles-ci. La jugeant discriminatoire, les députés de l'opposition ont tous voté contre la réforme. Ils l’accusent d'être « taillée sur mesure » et exigent sa relecture. Léonce Houngbadji, fondateur du Parti pour la libération du peuple, estime que « c'est un complot contre la jeunesse. Nous aurons désormais un Parlement de riches et un Président de la République hyper puissant. Par quelle alchimie un Béninois qui gagne sa vie à la sueur de son front trouvera-t-il 250 millions de francs CFA pour participer à une élection présidentielle ? Quel avenir pour les jeunes dans cette République des plus forts, des plus puissants et des plus riches ? ».

Élu à la tête du Bénin en 2016, le Président Patrice Talon avait annoncé des mesures d’assainissement du paysage politique dans un pays qui compte plus de 200 partis. Face aux remous suscités par ce nouveau code, le ministre de la Justice et de la législation, Séverin Quenun a affirmé que le Bénin méritait d’être réformé. « Nous avons des susceptibilités ou des suspicions qui sont réciproques. Le temps est venu de les transcender pour que ce Bénin qui nous est cher à tous se développe ».

La prochaine élection présidentielle se tiendra en 2020 et les prochaines législatives en 2019.

Boubacar Sidiki Haidara

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