Élections en Europe : qui a peur des méchants hackers ?

Depuis que les États-Unis accusent la Russie d’avoir influencé les résultats de la présidentielle de novembre dernier par le biais de cyber-attaques, la crainte des piratages gagne l’Europe, où des élections majeures auront lieu en France et en Allemagne cette année.

Après les attaques visant la présidentielle américaine, la crainte de la « force de frappe numérique du Krem- lin », mise au jour par les agences américaines de renseignements, a saisi les partis politiques français et allemands qui se préparent à se protéger contre cette menace.

Craintes allemandes

En Allemagne, les choses sont prises très au sérieux. Les services de renseignement intérieur y ont fait état d’une campagne de piratages et de désinformation dirigée par Moscou dans le but de « déstabiliser » l’Allemagne. Aujourd’hui, nombre de politiciens de ce pays craignent que la Russie n’intervienne dans leurs élections à l’automne prochain, alors que la chancelière Angela Merkel brigue un quatrième mandat. En mai 2015 déjà, 20 000 ordinateurs du parlement allemand avaient été infectés par des pirates afin de voler des données sensibles. Cette cyberattaque, la plus importante dans l’histoire du gouvernement, serait le fait du groupe de pirate russe « APT28 », accusés par le gouvernement américain d’avoir mener une vaste opération d’influence pour discréditer la candidate Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine. En décembre dernier, le ministère de l’Intérieur allemand proposait la création d’un centre de défense contre la désinformation, pour aider à chasser et éradiquer les fausses nouvelles sur Internet. Pour 2017, son Centre national de cyberdéfense prévoit d’augmenter ses effectifs.

Prudence française

Si la France n’est pas exposée à ce type de risques, le scrutin présidentiel étant physique, la menace d’une attaque russe n’est cependant pas écartée. D’autant que le candidat des Républicains, François Fillon, défini comme « pro-russe » par une partie de la classe politico-médiatique, est soupçonné d’avoir bénéficié de l’appui du Kremlin pour les primaires, bien que ce coup de pouce n’ait jamais été prouvé. Toujours est-il qu’au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), on réfléchi et sensibilise le monde politique sur les risques liés aux attaques informatiques. Le ministère de la Défense français, qui déclarait pour 2016 avoir subi 24 000 cyber-attaques, considère le cyberespace comme un champ de bataille à part entière. La France a ainsi revu sa doctrine en la matière et s’appuiera, via un commandement des opérations cyber, sur « 2 600 combattants numériques », appuyés par 600 experts et 4 400 réservistes de la cyber défense, pour « consolider sa posture de protection et de défense », et parer à toute éventualité en cas de « cyber guerre froide».

Olivier DUBOIS

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