Bahreïn : Le temps des incertitudes

La déchéance de nationalité de Cheick Issa Qassem a suscité de violentes réactions dans la communauté chiite.

Le petit royaume du Golfe arabopersique, connu pour sa grande richesse, voit planer sur lui le spectre des violences interconfessionnelles. L’Arabie Saoudite et l’Iran s’y livrent en effet une guerre par procuration et la situation politique est de plus en plus tendue.

Le 20 juin dernier, le régime bahreïni, d’obédience sunnite et soutenu par l’Arabie Saoudite, a décidé de déchoir de sa nationalité le chef spirituel chiite, Cheik Issa Qassem, accusé « d’encourager le confessionnalisme » et « de servir les intérêts étrangers » (allusion faite à l’Iran) dans un pays où 70% de la population est chiite. Ce qui a immanquablement suscité une réaction tranchée de Téhéran: « L’agression contre l’ayatollah Issa Qassem est une ligne rouge qui, une fois franchie, va enflammer Bahreïn et toute la région ». À cela, l’Arabie Saoudite a répondu en assurant qu’elle veillera « à l’intégrité et à la sécurité de Bahreïn ».

Il ne fait pas de doute que la rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran a pris corps au Bahreïn, cette minuscule île dont Téhéran n’a jamais cessé de réclamer le retour à la Perse depuis 1927. Selon Akram Belkaïd, spécialiste du monde arabe, cette position des Iraniens crée réguliè- rement des crises diplomatiques avec l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar et le Koweït. Mais c’est l’arrestation, le 30 mai dernier de Cheik Ali Salmane, chef d’Al-Wefaq, parti d’opposition d’obédience chiite menacé de dissolution, qui a corsé la situation politique. Accusé de « complot » et « d’incitation à la désobéissance », il purge actuellement une lourde peine de prison, et les avocats de son parti se sont retirés du processus judiciaire parce qu’incapables de préparer la défense.

Le dimanche 26 juin, des émeutes ont éclaté dans le sud de Manama, la capitale. La contestation, pas seulement d’ordre confessionnel, réclame « état de droit, justice, liberté d’expression et exercice démocratique de la citoyenneté », ajoute M. Belkaïd. On se souvient qu’en 2011, la dynastie des Al-Khalifa avait réprimé la contestation venue avec le « Printemps arabe ».

Boubacar SANGARE

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