Nicaragua : Ortega envers et contre tous

Le pays d’Amérique du sud fait la une de l’actualité depuis déjà trois mois. La rue gronde et au cœur du mécontentement des manifestants, de plus en plus nombreux, le couple Ortega. Le Nicaragua est en effet gouverné par Daniel (Président de la république) et Rosario (Vice-présidente depuis 2017). Le couple présidentiel suscite l’animosité des opposants qui dénoncent sa mainmise sur le pays.

Le leader sandiniste, âgé de 72 ans, revenu au pouvoir en 2007 après avoir dirigé le pays une première fois de 1979 à 1990, répond avec fermeté à la colère de la foule. Selon les organisations des droits humains, les chiffres provisoires sont dramatiques : bientôt 400 morts, près de 2 000 blessés, 500 emprisonnements arbitraires, un nombre incalculable de cas de torture. Le 21 juillet, malgré les interdictions et menaces, ils étaient encore des milliers dans les rues, scandant « Liberté », « Justice », « Le peuple uni jamais ne sera vaincu », le visage caché derrière un masque, un foulard et le drapeau du Nicaragua dans les mains. En manifestant, ils encouraient en effet une peine de 20 ans d'emprisonnement pour « terrorisme », selon une loi récemment adoptée par le pouvoir. Deux marches organisées par l'Alliance Civique pour la Justice et la Démocratie ont  convergé du centre de Managua et du nord-est de la capitale vers une route menant à Masaya, située à 30 km au sud. C’était le dernier bastion de l'opposition avant sa reprise violemment, le 18 juillet par les forces fidèles au Président Ortega. « Nous n'avons pas peur, plus nous sommes nombreux, moins nous avons à craindre », a expliqué une étudiante.

Autocratie Tout a commencé le 18 avril lorsque des manifestations contre une réforme du régime des retraites sont réprimées dans le sang. Des jeunes qui manifestent aux côtés des retraités sont tués dans la capitale, Managua. Les Nicaraguayens descendent dans la rue et, malgré l’annulation de la réforme par Ortega, c’est l’escalade. Les protestations se multiplient et un slogan unit tous les manifestants : le départ du couple présidentiel, au pouvoir depuis plus de dix ans. L’insurrection est matée et le bras de fer s’installe. Depuis l’arrivée au pouvoir de Daniel Ortega, le pays s’est enfoncé dans un régime autocratique laissant peu de place à la contestation et utilisant la majeure partie des institutions de l’État au seul profit de la famille présidentielle. L’ampleur des manifestations a surpris Ortega, qui a réagi par la répression. Plus les manifestations sont massives, plus elle est forte. Et aucune sortie de crise à l’horizon.

Célia d’Almeida

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