Migrants : Face à l’Allemagne, l’Italie maintient sa ligne dure

Fortes tensions politiques entre l'Italie et l'Allemagne. Rome craint que Berlin ne lui renvoie des migrants par vols charters dans le cadre des accords de Dublin.

Ce règlement fâche le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini. Sur Twitter, dimanche 7 octobre, il menaçait de fermer les aéroports du pays : « Si quelqu'un, à Berlin ou à Bruxelles, pense débarquer en Italie des dizaines de migrants avec des vols charters non autorisés, qu'il sache qu'il n'y a pas et il n'y aura pas d'aéroport disponible. Nous fermons les aéroports comme nous avons fermé les ports ».

A l'origine de ces déclarations : des informations publiées par des médias italiens et allemands qui affirment que des vols charters seraient en préparation depuis Munich direction l'Italie et que des migrants auraient appris leur transfert imminent. Citant des sources anonymes de l'aéroport de Munich, l'agence de presse allemande DPA a évoqué dimanche des vols charters en préparation depuis cet endroit vers l'Italie, dont le premier dès le mardi 9 octobre et le suivant le 17 octobre.

Ils concerneraient principalement des demandeurs d'asile du Nigeria étant entrés en Europe par l'Italie. Samedi déjà, le journal italien La Repubblicaavait affirmé que l'Office fédéral allemand en charge de l'immigration était en train d'envoyer de nombreuses lettres à des réfugiés arrivés dans l'Union européenne par l'Italie, en annonçant leur "transfert" imminent dans le cadre des accords de Dublin. Ces derniers obligent les migrants à déposer leur demande d'asile dans le premier pays européen où ils sont enregistrés. Toutefois, dimanche soir le ministère allemand de l'Intérieur a indiqué à DPA qu' « aucune reconduite (de migrants) n'était prévue vers l'Italie dans les prochains jours ».

Accord en panne Depuis 2015, l'Allemagne a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile. Sous pression, elle s'efforce de conclure des accords bilatéraux de reconduite avec des pays de l'Union européenne. Berlin y est déjà parvenu avec la Grèce et l'Espagne. Mais les négociations avec l'Italie sont plus difficiles.

Alors que les deux ministres de l'Intérieur italien et allemand, M. Salvini et le conservateur bavarois Horst Seehofer, tous deux partisans de fermeté sur l'immigration, annonçaient il y a encore peu la création d'un "axe" italo-germano-autrichien dans ce domaine, les dissensions ont donc finalement repris le dessus. Ni l'Italie, ni l'Autriche ne sont enclines à reprendre un trop grand nombre de migrants arrivés en Allemagne.

Boubacar Sidiki Haidara

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