Ahmed Lahkim, de l’UDLEF « L’Afrique ne doit pas rester otage de son passé »

Président du parti politique français Union démocratique pour la liberté égalité fraternité (UDLEF), Ahmed Lahkim (56 ans) est un expert en aéronautique avec plus de 20 ans d’expérience professionnelle. Parallèlement, il donne des conférences auprès d’universités américaines et chinoises et il enseigne dans des écoles d’ingénieurs françaises.

 

Parlez-nous de la naissance de l'UDLEF, de sa raison d'être, des lignes qu'il défend

La France a traversé depuis plus de vingt ans un désert d’idées entre la non reforme du pays et le fait de dresser les citoyens les uns contre les autres. Les trois derniers chefs d’état n’ont proposé aux français que diverses formes d’actions sans envergure, dites de gauche ou de droite avec la minceur cadavérique de leur bilan que l’on connaît. Aucun d’entre eux n’a jamais vraiment proposé, ni encore moins mis en œuvre, un projet de société ou un programme conforme à l’idéologie annoncée.

L’alternance de l’échec entre la gauche et la droite de gouvernement a fini par sculpter un nouveau paysage politique dans lequel notre parti UDLEF a pris naissance.

L’Union Démocratique pour la Liberté Egalité Fraternité est un parti politique français laïc indépendant du centre qui concourt à l’expression du suffrage universel. Ses  valeurs sont humanistes, libérales, sociales et européennes.

 

Comment l'UDLEF peut être différent des partis déjà existants?

Les partis politiques se divisent entre ceux pour qui c’était mieux avant, c’est le cas des partis extrêmes de gauche ou de droite, et ceux qui pensent que le pays ne pourra jamais aller mieux qu’aujourd’hui ; ceux-là sont au pouvoir depuis trente ans.

L’UDLEF s’engage pour une société où tout un chacun peut s’épanouir librement, nous souhaitons une économie au service de l’homme et non l’inverse. Nous sommes convaincus que, pour progresser, un socle commun ne suffit pas, il faut tendre vers plus de responsabilité et de solidarité.  L’UDLEF dépasse les jeux de l’alternance politique. En ce sens M. Macron et le mouvement « En marche » ont déjà fait un premier pas.

Nous sommes intimement convaincus que réguler l’Europe monétaire par le lancement de l’Europe politique (une Europe fédérale) est l’une des clefs du retour à plus de dynamisme et d’équité.

Nous considérons aussi que la diversité est une richesse pour notre pays

Comment ce parti peut-il donner un nouveau souffle, une nouvelle dynamique à la politique française?

Savoir ce qu’il faut faire est insuffisant, encore faut-il savoir comment faire. Il me semble qu’il est temps de penser en dehors des sentiers battus et d’agir avec plus de pragmatisme. L’emploi doit être une bataille quotidienne, non pas une bataille de mots ou de chiffres par medias interposés, mais une bataille menée avec cohérence et constance contre la crise en actionnant tous les leviers nécessaires au redémarrage de la croissance.

Comment envisager plus de compétitivité des entreprises françaises alors qu’elles sont exposées à une fiscalité européenne hétérogène ? Quel peut être le poids de la France au sein de l’Europe qui ne peut s’exprimer d’une seule voix sur la scène politique internationale?

Par ailleurs, notre système scolaire a montré ses limites avec un recul des perspectives d’ascension sociale. Notre système de protection sociale exige de travailler sur des réformes ambitieuses afin de le pérenniser. Les français ont besoin de résultats positifs concrets afin d’avoir à nouveau confiance en la politique.

L’UDELF est ouvert  aux femmes et aux hommes, de la société civile en prise avec la réalité et le quotidien des français. Nos institutions ont besoin de sang neuf.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que le Franc CFA freine le développement économique des anciennes colonies françaises d’Afrique ?

L’Afrique est un grand continent, par ses forces vives, ses ressources et ses potentialités. Elle doit se prendre en charge, ce n’est plus un continent colonisé. L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique, elle ne doit pas rester otage de son passé, ni de ses problèmes politiques, économiques et sociaux actuels. L’Afrique doit regarder son avenir avec détermination et optimisme, en exploitant tous ses atouts et ses potentialités.

Les pays de la zone du franc CFA doivent renégocier les accords régissant cette monnaie qui représente pour nous un système néocolonialiste du fait qu’il oblige les pays concernés de déposer  50% de leurs réserves au Trésor Français, les privant ainsi de leur liquidités et par conséquent leur faisant perdre une partie de leur souveraineté.  

Comment l'UDELF peut-il renforcer les relations bilatérales entre la Côte d’Ivoire et la France?

Avec une population de plus de 23 millions d’habitants, un PIB par habitant supérieur à 1400 dollars, des infrastructures uniques en Afrique de l’Ouest et une économie de plus en plus diversifiée, la Côte d’Ivoire est le poids lourd de l’Union économique et monétaire ouest- africaine. Elle est également l’un des moteurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, qui compte 15 Etats et 340 millions d’habitants.

Le Président Alassane Ouattara a réussi avec succès son challenge, il s’est fixé comme priorités la réconciliation de tous les Ivoiriens, l’assainissement du débat politique ainsi que la modernisation de la justice et la mise en place d’une économie moderne et performante, capable de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent.

L’UDLEF ne peut que renforcer davantage les relations bilatérales existantes entre la Côte d’Ivoire et la France dans les domaines tels que l’enseignement supérieur et la recherche, la santé, l’éducation, la modernisation des administrations, et les renseignements généraux.

 

Interview réalisée par Ouakaltio OUATTARA

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