MFA : Retour à la case départ

En attendant le verdict de l’appel judiciaire d’Anzoumane Moutayé, Siaka Ouattara renforce sa légitimité et sa légalité.

Plus de temps à perdre pour Siaka Ouattara depuis la décision de justice déboutant Anzoumana Moutaye. En attendant que ce dernier fasse appel, le MFA s’apprête à organiser un congrès.

Le Mouvement des forces d’avenir (MFA) est au cœur d’un feuilleton judiciaire qui va de rebondissement en rebondissement depuis l’année dernière. Le 14 mars dernier, la justice rendait une décision « déboutant » Anzoumana Mountayé, qui avait saisi le tribunal pour l’invalidation, voire l’annulation, de la réunion du bureau politique tenu le 26 août 2017. Bureau politique à l’issue duquel ses ex camarades de parti avaient annoncé sa suspension du poste de Président du MFA. « La justice l'a débouté parce qu'il n'a pas apporté de preuves. Ce qui veut dire que le congrès est valable », a déclaré Yaya Fofana, porte-parole du MFA. Une décision de justice que conteste Anzoumana Mountayé, qui souhaite faire appel, affirmant toujours qu’il « est le seul et unique Président du MFA ».

Le taureau par les cornes Réconfortée par cette décision de justice, la direction actuelle du MFA, pilotée par Issiaka Ouattara, ne veut pas perdre de temps. Roulant presque à double vitesse, ce dernier annonce pour le dimanche 25 mars un congrès à Bondoukou, dans la région du Gontouko. Ce choix n’est pas fortuit. Les deux premiers Présidents de ce parti (Innocent Anaky Kobenan et Anzoumana Moutayé) sont des natifs de la région et, au cours de la législature 2011 - 2016, le parti y comptait ses trois élus. De sources proches des organisateurs, ce congrès, en plus de renouveler les instances du parti, devra servir de cadre pour lancer « l’appel de Bondoukou ». Un appel sûrement à l’endroit de l’alliance au pouvoir, qui bat de l’aile et où les relations entre les principaux tenants (Parti démocratique de Côte d’Ivoire, PDCI et Rassemblement des républicains, RDR) sont tendues. Ce sera par ailleurs une occasion pour ces derniers de remobiliser leurs militants, tiraillés désormais entre plusieurs leaders. Malgré son éviction du parti, son fondateur, Anaky Kobenan, continue de revendiquer la présidence, et, du côté d’Anzoumana Moutayé, on prépare la riposte en adossant la stratégie à l’implication du Comité de haut niveau du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ce comité, tout en encourageant les deux tendances au dialogue, se garde pourtant de toute implication dans cette « affaire interne à un parti allié », précise-t-il.

Malick SANGARÉ

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