Sénatoriales : Vers un Parlement bicaméral monocolore

Le chemin est tracé vers l’absence de l’opposition politique au sein du futur Sénat.

Elles n’étaient pas attendues de sitôt, mais après les élections locales. En adoptant une ordonnance relative à l’élection des sénateurs, le 14 février, le Président de la République prend à contrepied tous les potentiels candidats, qui confient leur sort à la direction de leurs partis.

Prévues pour le 24 mars, les élections des sénateurs (deux par région) se feront avec un collège électoral composé d’élus locaux. Vu le caractère spécial de ce scrutin, premier du genre en Côte d’Ivoire, les potentiels candidats, qui se bousculent déjà, font les yeux doux à la direction de leurs partis. La campagne qui se tiendra du 19 au 22 mars s'annoncent presque ouverte.

Dés pipés ?  Dans un tel schéma, le plus grand perdant pourrait être le Front populaire ivoirien (FPI). Ce parti, qui avait boycotté les élections locales en 2011 et 2013, n’a aucun représentant dans les 197 communes, ni dans les 31 régions, que compte le pays encore moins dans les deux districts autonome que compte le pays. Le Rassemblement des Houphouetistes pour la paix et la démocratie (RHDP) y voit une aubaine pour satisfaire certains de ses cadres, qui s’estiment « non récompensés ». En plus du Parlement monocolore, nous nous acheminons inéluctablement vers une deuxième chambre monocolore. Sauf, et là aussi les chances sont minces, si le Président de la République qui devra nommer un tiers des sénateurs, décide de « faire la passe » à ses adversaires. Dans son propre camp, le Président Ouattara aura l’embarras du choix entre les cadres de son parti, le Rassemblement des républicains (RDR), et ceux de l’alliance RHDP. Quelle que soit la volonté de faire une ouverture à l’opposition, il est clair que l’alliance au pouvoir aura au moins deux tiers des sièges au Sénat.

Ouverture interne… Les choix, selon des indiscrétions, devraient être guidés par une volonté de rassembler en interne. Écartés du gouvernement et du Parlement, plusieurs proches de Guillaume Soro, qui participent d’ailleurs à la vie du RDR, devraient rebondir au Sénat. Au niveau du Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI), les irréductibles d’hier, de même que des farouches opposants au parti unifié, peuvent également rêver d’y occuper des sièges. Au sein de l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI), du Mouvement des forces d’avenir (MFA), du Parti Ivoirien des travailleurs (PIT) et de l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI), tous membres de l’alliance au pouvoir, nombre de cadres y pensent en se rasant.

Ouakaltio OUATTARA

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Par Ouakaltio OUATTARA

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