MOISE LIDA KOUASSI, un destin contrarié

Moise Lida KouASSI

Figure emblématique du front populaire ivoirien (fPI), Moise Lida Kouassi n’a pas échappé au sort qui s’est abattu sur certains hauts cadres de son parti après la perte du pouvoir. Pris dans les filets de la justice depuis son extradition du Togo en 2012, l’ex ministre de la Défense a écopé de 15 ans d’emprisonnement.

Ses qualités d’enseignant, d’universitaire et d’ancien ministre de la Défense n’auront pas suffit pour convaincre le jury de son innocence dans l’affaire dite du « complot contre l’autorité de l’État ». Un procès qui vient ajouter un chapitre supplémentaire à la carrière politique tumultueuse de Lida Kouassi. En 1999, quand éclate la mutinerie qui renverse le régime d’Henri Konan Bédié, Moise Lida Kouassi fait partie des cadres du FPI que la rumeur annonçait dans les casernes, auprès des militaires, pour les galvaniser.                    
Très actif À l’avènement de la junte militaire, le maitre assistant de langue et civilisation germaniques à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l`Université de Cocody devient le conseiller politique du général Guéi et occupe une bonne place dans son appareil sécuritaire. Un poste non usurpé pour celui qui été durant 5 ans (1996 - 2001) Secrétaire national du FPI, chargé de la politique de défense et de la sécurité. C’est à juste titre qu’il est promu ministre d’État chargé de la défense et de la protection civile dans le premier gouvernement de Laurent Gbagbo, en Octobre 2000. Le déclenchement de la rébellion, en 2002, sonne le glas de l’ascension de Lida. Démis de ses fonctions de ministre, il entre en conflit ouvert avec d’autres cadres de son parti, qui lui reprochent entre autres d’avoir échoué à remplir la mission qui lui avait été confiée : « éliminer physiquement certains leaders politiques, dont Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ».                  
Le revers de la médaille Exilé au Togo depuis la fin de la crise post électorale de 2011, il ne verra pas ses déboires prendre fin pour autant. Cité dans une affaire de tentative de déstabilisation du régime d’Abidjan, l’ancien député de Marcory est arrêté et extradé en Côte d’Ivoire en juin 2012. Tout au long de son procès, il ne cessera de clamer son innocence. «  J’ai été écarté de mon parti pour avoir sauvé la vie d’Alassane Ouattara», at-il lancé devant la cour. Un plaidoyer qui n’a pas pesé lourd dans la balance, au vu de la décision du jury. À 62 ans, Lida Kouassi garde l’espoir de recouvrer la liberté, car son avocat a annoncé vouloir faire appel du verdict. S’il accuse certains de ses proches au sein du FPI d’avoir travaillé contre lui, il ne souhaite pas bénéficier d’une « grâce présidentielle ».


Malick SANGARÉ

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