Bamba Moriféré : « La réconciliation sera fondée sur l’exigence de vérité »

Votre parti, le RPCI, est membre de la coalition CDRP, avec le PDCI. N’est-ce pas un peu paradoxal, lorsque l’on sait que vous vous êtes toujours réclamé de la gauche démocratique.

Il n’y a là rien d’anormal. Nous sommes de la gauche démocratique, du Pôle des forces de progrès. Notre crédo, c’est la lutte pour la démocratie et la justice sociale, notamment. Ce combat, nous le menons depuis des décennies. Nous avons lutté pour obtenir le multipartisme en 1990. Cependant, notre pays n’a jamais pu organiser des élections véritablement démocratiques, justes, transparentes, consensuelles et apaisées depuis cette date, malgré quelques acquis, en octobre 1990, 1993, 1995, 2000, 2010, etc.

Le PDCI vient de signer avec le FPI, votre allié historique de la gauche, un accord-cadre. Qu’en pensez-vous ?

Comme je viens de l’indiquer, sachez que la plateforme minimum au sein de laquelle nous cohabitons avec le PDCI n’est ni programmatique, ni électorale. Chaque parti membre est souverain et libre de contracter quelque accord que ce soit avec qui que ce soit, à condition que ledit accord ne soit pas en contradiction avec la déclaration de principe de la plateforme CDRP. Dans la forme, je comprends que certains partis membres aient exprimé leur mécontentement pour n’avoir pas été prévenus, ne serait-ce que par politesse. En ce qui concerne notre parti, le RPCI, nous ne sommes pas concernés par cet accord, dont l’objectif principal, la réconciliation nationale, nous paraît totalement anachronique dans le contexte actuel de notre pays.

Pourquoi ?

La cause principale, majeure, de toutes les crises que notre pays a connues depuis au moins l’indépendance, repose sur la question et la revendication de la démocratie et du pluralisme politique véritables, y compris la lutte menée par le PANA de feu Gnabé Kragbé en 1969 - 1970. Nous avons participé à ces combats pour la démocratie depuis près d’un demi-siècle, parmi les acteurs principaux, en première ligne et à l’avant-garde. À ce titre, nous n’avons pas le droit de nous tromper d’objectif, de « mettre la charrue avant les bœufs ».

La réconciliation nationale véritable interviendra aisément, organisée dans une Côte d’ivoire démocratique, avec des dirigeants élus démocratiquement, lorsque les électeurs iront voter librement, « la fleur au fusil ».

C’est ce qui explique l’échec des différentes  tentatives de « dialogue », de «  forum de réconciliation nationale », de « commission de réconciliation nationale », que le pays a connu dans le passé.

J’ajoute que la véritable réconciliation nationale sera fondée sur l’exigence de vérité, sans laquelle il n’y a pas de réconciliation nationale possible.

À vous entendre, on est tenté de vous demander quel l’objectif final de cette plateforme ?

L’objectif principal de l’opposition, de tous les Ivoiriens épris de paix et de justice, doit être de combattre la dictature, avec un esprit de suite, d’organiser des élections démocratiques, justes, transparentes et apaisées, pour une Côte d’Ivoire démocratique et réconciliée.

Interview réalisée par Lambert KOUAME

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