Anzoumana Mountayé : Sur un siège éjectable

Arrivé à la tête du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA) dans un climat délétère, en évinçant Innocent Anaky Kobena, le père fondateur du parti, Anzoumana Mountayé préside aux destinées de cette formation politique depuis 2015. Mais il pourrait subir le même sort que son prédécesseur, être éjecté par ses plus proches collaborateurs.

Le 26 août dernier, après une réunion du bureau politique conduite par le Vice-président du MFA, Siaka Ouattara, l’information qui circulait s’est vérifiée. « Anzoumana Mountayé, n’est plus le Président du Mouvement des forces d’avenir (MFA) et l’intérim est désormais assuré par Siaka Ouattara ». 24 heures plus tard, Anzoumana Mountayé, ex ministre des Petites et moyennes entreprises (PME), conteste la décision et annonce : « je reste à mon poste », dénonçant un vice de procédure qui ne saurait conduire à la destitution souhaitée par un « groupuscule d’individus inconnus des militants du MFA ».

Technocrate novice Lui-même ne cache pas qu’il est un novice en politique. « Je suis un technocrate. C’est par un concours de circonstances que j’ai atterri sur l’espace politique » lançai-t-il lors d’une réunion de bureau politique en mars. Une boutade saisie au rebond par ses adversaires qui, depuis la débâcle du parti aux législatives de décembre 2016, avec la perte des trois sièges détenus de 2011 à 2016, n’ont jamais manqué de lui faire porter le chapeau de la descente aux enfers du MFA. Ingénieur des travaux publics et économiste des transports, Mountayé, 61 ans, a passé l’essentiel de sa carrière dans l’administration (1981- 2000), aux postes de directeur départemental des travaux publics et des transports à Guiglo, Abidjan et Katiola. « Mes compétences ont été reconnues et j’ai gravi les échelons entre 2001 et 2006. J’ai été directeur régional, inspecteur technique puis directeur de cabinet ». Une carrière bien pleine, qui l’aura mis à l’abri des intrigues politiques avant de se voir placé au-devant de la scène par le fondateur du MFA, qui fait de lui un député avant de le proposer en 2010 comme ministre de la Culture et de la Francophonie.

Retour de bâton ? S’il s’est rebellé contre son mentor alors que ce dernier était en disgrâce avec le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), il a aussi tracé le sillon de son éviction du parti, reconnait l’un de ses proches, Firmin Kouassi Kouamé. « Avec lui, le parti a régressé et a perdu tous ses privilèges au sein de l’alliance au pouvoir ». « Comme Anaky, il est en train d’être poussé vers la porte et on a l’impression que le bâton qu’il avait utilisé pour frapper ce dernier se retourne contre lui », soutient ironiquement un visiteur du soir de Kobenan. Le rouleau compresseur est en marche et la dissidence annonce un congrès fin novembre afin de démettre officiellement Mountayé.

Malick SANGARE

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