Place de la diaspora dans le sénat, palabres au RHDP… Adama Diomandé (diaspora) se prononce

Quel est votre avis dans le débat actuel autour de la Commission électorale indépendante (CEI) ?

Je pense qu’il faut penser à la reformer à l’avenir. Mais on ne peut pas demander à la veille d’une élection, de changer une commission qui maitrise le terrain électoral et qui sait déjà travailler. Finissons avec ces élections et moi je pense que Youssouf Bakayoko s’est acquitté de sa tâche d’une manière respectable dans des moments difficiles. Maintenant, il faut revoir la formule de la CEI car souvent guider par les désignations politiques. Il faudra à l’avenir une CEI avec des personnes neutres, même s’il faut faire recours à la haute magistrature et là on saura que c’est une commission libre et indépendante détachée de toutes les pressions politiques.

 Au regard des élections en Afrique, jugez- vous l’apport des commissions électorale sont- elles pu résoudre le problème de la confiance entre les politiques par rapporta l’appareil électoral ?

 Ce sera toujours un problème si ce sont les politiciens qui désignent les personnes au sein de la commission. Il y aura toujours les problèmes de suspicion politicienne et de favoritisme c’est pour cela il faut sortir de cette formule qui a fait faire d'avancer démocratiques mais qui a atteint ses limites. L’exemple du Ghana peut nous servir parce que sa commission s’est détachée du pouvoir un Parti politique. Il faut que les personnes au sein de la commission se détachent de leur rôle de militant politique.

 Malgré les élections le weekend dernier, le débat sur le sénat se poursuit…

Moi je dis que la IIIe république ne pouvait pas continuer avec ces institutions incomplètes. Dans la constitution de la IIIe république, il y a un sénat qui est recommandé et le gouvernement ne pouvait pas continuer sans cette institution qui est sénat, ça c’est une réalité.

Maintenant, on critique le fait que les conditions de la désignation par le Président de la République, 1/3 du sénat et le fait que l’opposition ne serait pas représenté notamment le FPI mais le fait que le FPi n’assume pas sa responsabilité d’opposant démocratique cela ne peut être imputé au pouvoir donc il n’y a pas de listes de l’opposition par la faute du FPI Une institution, même dans des Pays développés et avancés démocratiquement ne commence pas avec une parfaite organisation. Si nous voulions considérer cela il n’y aurait pas d’Assemblée nationale ivoirienne en Côte d’Ivoire à ce jour. Car, je me souviens que, les parlementaires étaient désignés par Houphouët Boigny ou par le PDCI.

La diaspora reste ainsi en attente après les élections au niveau national. Cela ne pénalise-t-il pas les ivoiriens de l’extérieur ?

Si j’étais résident en Côte d’Ivoire je proposerais ma candidature à mon parti si cela avait été accepté je me serais présenté. Compte tenu de mon expérience je pouvais apporter un petit plus aux actions et au débat démocratique. A mon avis nos parlementaires ne bousculent pas véritablement les choses. La deuxième réponse c’est que c’est à la discrétion du président, c’est lui qui choisit le meilleur d’entre nous les Ivoiriens à l’extérieur qui correspondent à la vision de sa politique sur le plan international et l’image positive de notre Pays et défend les actions du gouvernement à l’international. Moi je suis toujours disponible pour mon pays.

On assiste à une montée de la violence verbale au sein du Rhdp. Pensez-vous qu’il y a de la surenchère de part et d’autre ?

Oui, cela est lié à la lutte politique, il faut se marcher dessus pour préserver son espace d’influence . Je suis persuadé que nous viendrons à la réalité, c’est-à-dire l’accord entre le PDCI et le RDR. Parce qu’il n’y a pas d’autre issue que de s’entendre et je soutiens la parole du président. C’est le meilleur d’entre nous qui doit le succéder en 2020. Je ne partage pas le point de vue de ceux du PDCI, qui pense que c’est leur tour. C’est une négociation politique, ce n’est pas parce qu’on est le meilleur militant du PDCI qu’on est bon forcément pour la Côte d’Ivoire, voilà la réalité. Même au sein du PDCI, il y a des divergences. Quand on sera unifié je pense qu’on choisira le meilleur candidat dans ce Parti unifié. En attendant, je pense que, le Premier ministre Amadou Gon, fait son travail, il est en train de démontrer aux Ivoiriens que sa préoccupation est le bonheur de la Côte d’Ivoire. Et, je suis vraiment séduit qu’il ne se laisse pas enfermer dans la politique politicienne. Il est en train de démontrer qu’il est un homme d’État au-delà de sa fidélité au Président de la République Car à chaque sortie il nous ramène des résultats positifs.

 De l’autre côté, nous avons les Secrétaires généraux de la Fesci qui ont décidé de se réunir et mettre l’accent dans leur communication sur l’aspect social. Ne pensez-vous pas que c’est un signal fort au regard du passé chargé de la Fesci ?

Moi-même j’ai été syndicaliste et également membre de la société civile, donc je sais ce que c’est le regroupement des générations. En Côte d’Ivoire, il y a la génération Fesci qui est forcément collée à l’image de Gbagbo Et il y a la génération à l’image de Bedié- Alassane Ouattara, une génération qui a entre 50 et 65 ans aujourd’hui. C’est cette génération qui est ma préférence en 2020. Ils ont eu la chance de faire leurs études dans une stabilité politique et avoir des formations solides à l’international C’est clair et net. Pour moi, il n’y a pas d’ambiguïté ! Maintenant, il y aussi des personnalités dans la génération 90, qui ont une solide formation et expérience politique et apte à diriger notre Pays qui sont respectables. Et je me réjouis quelque part, il y a un match politique je dirai entre deux générations toutes tendances confondues. Le rendu peut être positif pour la Côte d’Ivoire si on sait s’en servir. Mais, je reconnais que la génération Fesci n’a pas pu s’en servir. Si cette génération, qui ont été des acteurs sont mûrs et conscients politiquement pour mener la politique autrement ça ne fera que du bien à la Côte d’Ivoire

Ouakaltio OUATTARA

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Par Ouakaltio OUATTARA

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